Très haut débit : le modèle de déploiement français semble efficace

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Une étude de l’Idate considère que le marché français du très haut débit est plutôt dynamique, mais qu’il nécessite « vigilance et réflexion », et émet dix recommandations en ce sens.

Bien que la situation française du très haut débit (THD) soit médiocre, comparée à celle de certains pays comme le Japon, la Corée du Sud ou les États-Unis, notre marché est néanmoins dynamique à l’échelle européenne, souligne une étude de l’Institut de l’audiovisuel et des télécoms en Europe (Idate).

Le dispositif français donne la priorité à l’investissement privé. En effet, il s’appuie sur l’existence d’un marché du haut débit où existe une réelle concurrence, et dont les acteurs seraient prêts à investir dans le très haut débit : fibre optique jusqu’à l’immeuble (FTTB, « Fiber To The Building ») ou jusqu’à l’abonné (FTTH, « Fiber To The Home »).

Une autorité indépendante, l’Arcep (Autorité de régulation des communications électroniques et des postes), assure la régulation du secteur, dont elle a fixé un cadre juridique relativement complexe, qui s’articule entre zones très denses, zones moins denses et « montée en débit », par des technologies autres que la fibre, là où le FTTH ou le FTTB ne sont pas prévus avant cinq ans. Le tout, pour parvenir à un objectif gouvernemental de 100 mégabits pour tous en 2025.

Les financements nécessaires – 20 à 30 milliards d’euros selon les estimations  -, évalués par l’Arcep à 21 milliards, devraient être assurés aux deux-tiers par l’investissement privé, le reste provenant de fonds publics (collectivités locales, État, Europe).

Contrairement à ce que craignent les élus et les industriels de l’équipement électrique (Sycabel), inquiets du rythme insuffisant de construction des prises de fibre optique, l’Idate « table sur une nette accélération des déploiements » en 2012-2013. Tout en appelant à la vigilance et à la réflexion… Parmi les recommandations qu’ils émettent, les auteurs du rapport suggèrent notamment de renforcer la coopération entre opérateurs et collectivités.

En effet, ces dernières ont besoin que les opérateurs garantissent la fiabilité de leurs engagements (délais, couverture…). L’établissement de « tableaux de bord » de référence permettrait de les rassurer. De même, l’enveloppe gouvernementale destinée à soutenir les projets des collectivités (900 millions d’euros provenant des « investissements d’avenir ») devrait être renforcée.

Selon l’Idate, le marché du haut débit et celui du THD sont étroitement liés ; il serait donc risqué de modifier brutalement les prix du haut débit, à moins que des études solides ne justifient un tel changement. Les fournisseurs de contenus, qui profitent de la croissance du trafic sur les réseaux, pourraient être invités à contribuer à l’effort d’investissement fourni par les opérateurs d’accès, en particulier pour améliorer la qualité de service pour les consommateurs. Quant aux zones peu denses, où les habitants ne peuvent pas bénéficier de FTTH rapidement, l’Idate propose de les irriguer par une montée en débits grâce à de nouvelles technologies (VDSL…) et grâce au très haut débit mobile 4G (LTE ou « Long Term Evolution »).

Marie Gasnier

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