L’allotissement des délégations de service public

Commande publique

Une réponse ministérielle relative à l’allotissement des délégations de service public se heurte à une jurisprudence récente du Conseil d’État.

Une réponse ministérielle imprudente

La réponse ministérielle n° 02743, publiée au Journal officiel du 29 novembre 2012 (page 2755), indique qu’un « service public ne peut porter que sur un seul service public ». Elle précise, que « la jurisprudence a ainsi toujours considéré que chaque service public devait faire l’objet d’une convention propre… Il s’agit là d’une règle… destinée à éviter qu’une activité déficitaire dans un service public soit financée par une autre ».

La réponse pouvait laisser dubitatif. En effet, l’affirmation d’une « jurisprudence constante », sans que ne soit citée une seule décision, laisse planer un doute évident sur le sérieux du texte. Notons que le parlementaire s’étonnait, en plus, du retard mis par le ministre pour répondre.

Une jurisprudence raisonnable

Et de fait, une décision, déjà connue lors de la publication de la réponse, juge le contraire. Selon l’arrêt du Conseil d’État du 12 juillet 2012, Commune d’Aix-en-Provence, n° 358512, les principes de liberté d’accès à la commande publique et d’égalité de traitement des candidats ne font pas obstacle à ce qu’une collectivité puisse déléguer, dans une même convention, deux activités distinctes.

La règle, rappelée par le ministre, qui interdit à une activité d’en financer une autre n’est pas méconnue par la seule circonstance qu’un même contrat délègue deux activités différentes. Le concessionnaire doit seulement veiller à ce qu’aucune des deux activités n’interagissent l’une sur l’autre. Le rapporteur public du Conseil d’État ne fait même pas allusion à cet aspect, se contentant de souligner qu’aucun texte, national ou européen, ni aucune jurisprudence n’a jamais interdit de déléguer deux activités par un même contrat.

Laurent Marcovici

Pour aller plus loin :

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De plus, dans certains cas, le marché est déjà en cours d’exécution. Une annulation est donc d’autant plus dommageable, obligeant éventuellement à indemniser l’entreprise qui peut, de ce fait, avoir subi un préjudice.

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