Brest, une « ville résiliente au climat » selon la Commission européenne

Développement durable

Pionnière pour une gestion de l’énergie durable et responsable, Brest métropole a été récompensée par la Commission européenne pour son implication en matière de précarité énergétique. La collectivité possède aussi un réseau de chauffage urbain de cinquante kilomètres, alimenté par l’incinération des déchets.

Cela fait de nombreuses années que Brest métropole mise sur la diversification des sources d’énergie et la maîtrise de la consommation. Début octobre, la Commission européenne a distingué son action de lutte contre la précarité énergétique, en lui décernant le RegioStars Award dans la catégorie « Développement urbain : bâtir des villes résilientes au climat », dans le cadre de l’appel à projets Climate Active Neighbourhoods (CAN). En 2016, la métropole avait obtenu une aide du CAN pour étendre et renforcer ses actions contre la précarité énergétique dans les quartiers prioritaires de renouvellement urbain. Objectif : faire prendre conscience aux ménages les plus fragiles qu’ils peuvent agir eux-mêmes pour réduire leurs factures d’énergie mais aussi l’empreinte énergétique de la ville. Des conseillers mesurent leur consommation d’eau et d’électricité et leur enseignent des astuces : fermer les rideaux le soir, empêcher l’air froid de passer sous la porte d’entrée, réduire la pression des robinets d’eau… Des bricoleurs se rendent à domicile pour améliorer et réparer les logements. Aujourd’hui, plus de 12 700 m3 d’eau et 154 822 kWh d’électricité ont ainsi été économisés – l’équivalent de cinq piscines olympiques et la consommation électrique de trente personnes par an. Soit une économie de 80 000 euros, et 118 kg d’émission de CO2 en moins par ménage et par an.

Dans le cadre de son plan climat air énergie territorial (PCAET), Brest développe les énergies renouvelables. L’eau du réseau de chauffage urbain est chauffée par la chaleur issue de l’usine d’incinération des ordures ménagères (unité de valorisation énergétique des déchets). Une chaufferie bois, construite en 2015, complète la production de chaleur et limite le recours aux chaufferies d’appoint au gaz installées sur le parcours du réseau. Long de 15 km en 1988, le réseau atteindra 50 km à la fin de l’année, permettant de chauffer 30 000 équivalents-logements – plus de 10 000 tonnes d’équivalents pétrole (tep) non brûlés et 20 000 tonnes d’émissions de CO2 évitées. Le tarif de l’énergie, inférieur d’environ 15 % à celui du gaz, devrait encore baisser, une fois les investissements amortis.

Le réseau de chaleur alimente notamment la Zac des Capucins, la base navale ou encore les parcs locatifs de Brest métropole habitat… Mais l’objectif est d’y raccorder le plus grand nombre de bâtiments. Du reste, ce réseau devrait prochainement être classé, afin d’obliger les maîtres d’ouvrages ayant un projet de construction dans un périmètre de 250 mètres à le relier. Une mesure cohérente avec le plan local de l’urbanisme qui impose le recours aux énergies renouvelables aux constructions de plus de 2 000 m2. En outre, une unité de stockage (1 000 m3 pour 5 mégawatts) chauffe l’université le matin, période de forte demande, ce qui évite d’utiliser la chaufferie d’appoint. Cette solution de stockage thermique, une première en France, valorise 2 500 mégawatts par heure (MWh) d’énergie renouvelable supplémentaire par an.

Brest souhaite maintenant développer des réseaux de chaleur sur l’ensemble du territoire ; pour le moment, une seule commune (Plougastel-Daoulas) possède son propre réseau alimenté par une chaufferie bois.

Par ailleurs, grâce à des turbines à vapeur, la valorisation des déchets produit aussi de l’électricité, qui est ensuite réinjectée sur le marché de gros de l’électricité. Et, depuis 2016, la métropole met à disposition des habitants et des professionnels un cadastre solaire qui indique la capacité de production d’énergie solaire pour tous les toits. Les utilisateurs accèdent également à une simulation 3D.

Marie Gasnier

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