Des zones tampons pour limiter la diffusion dans l’eau des polluants agricoles

Développement durable

Talus, fossés, plans d’eau, espaces enherbés… : un guide explique comment implanter des zones tampons pour éviter que les contaminants d’origine agricole se transfèrent vers les milieux aquatiques.

Azote, nitrate, phosphore, pesticides : les engrais, herbicides et autres produits utilisés dans l’agriculture risquent de se diffuser en partie vers les milieux aquatiques. Pour protéger la qualité des eaux, aussi bien en surface que souterraines, les collectivités peuvent créer des zones tampons. Des espaces qui « constituent un outil d’aménagement des bassins versants susceptible d’assurer un ensemble de fonctions environnementales particulièrement intéressantes dans les territoires agricoles », précisent l’Agence française pour la biodiversité (AFB) et l’Institut national de recherche en sciences et technologies pour l’environnement et l’agriculture (Irstea) dans un guide*.

En effet, ces zones tampons favorisent aussi la régulation des flux d’eau à l’échelle des bassins versants et atténuent les risques de crue, luttent contre l’érosion des terres agricoles et contribuent à préserver la biodiversité et le paysage.

Le transfert hydrique des contaminants agricoles se produit par ruissellement, drainage, infiltration ou pulvérisation par voie aérienne. Placée sur le chemin de l’eau, entre les parcelles émettrices et le milieu aquatique récepteur, la zone tampon intercepte ces flux : transferts de surface (ruissellements diffus ou hydrauliquement concentrés) et de sub-surface (écoulements de sub-surface et eaux de drainage). En ralentissant les flux d’eau, le temps de contact entre les contaminants, le sol et la végétation augmente, ce qui favorise les processus naturels de rétention ou de dégradation physico-chimiques ou biologiques.

Cinq catégories principales de zones tampons peuvent protéger les eaux : les espaces enherbés, les dispositifs ligneux constitués d’arbres et d’arbustes (ripisylves, haies, bois, bosquets…), les talus ou merlons, les fossés et les plans d’eau. Certains dispositifs préexistants ou aménagés initialement pour assurer une fonction particulière telle que l’irrigation sont reconnus comme des zones tampons complémentaires : prairies humides, zones boisées, mares, étangs, retenues collinaires… D’autres sont expressément placés, aménagés, gérés et entretenus pour agir vis-à-vis de certaines substances et d’un type de transfert en particulier. C’est le cas des bandes enherbées et des fascines ou encore des zones humides artificielles.

Recourir aux zones tampons doit toutefois rester une solution complémentaire à l’adoption de pratiques agricoles respectueuses de l’environnement et viser seulement à maîtriser les risques de transfert résiduels.

Le guide fournit les éléments indispensables pour effectuer un diagnostic et identifier les solutions qui seront le plus adaptées localement. Il est particulièrement utile dans le cadre des programmes liés à la protection des milieux aquatiques : restauration de la qualité écologique d’un cours d’eau… Le lecteur est également orienté vers les outils de conception et de
 dimensionnement des aménagements.

Marie Gasnier

* Source : Guide d’aide à l’implantation des zones tampons pour l’atténuation des transferts de contaminants d’origine agricole

Posté le par Marie Gasnier

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