Le végétal, élément essentiel des politiques urbaines

Développement durable

Au-delà de la création de nouveaux espaces verts, les vingt-cinq communes en avance sur les politiques végétales, interrogées par l’Observatoire des villes vertes, révèlent qu’elles verdissent aussi les sites goudronnés et les bâtiments, dits « infrastructures grises ».

Développer la biodiversité, améliorer le cadre de vie des habitants et favoriser l’attractivité du territoire : trois objectifs poursuivis par les vingt-cinq communes très en pointe en matière de politique végétale, interrogées par l’Observatoire des villes vertes (cf. encadré). Pour sa sixième enquête, l’Observatoire montre que ces villes répondent aux vœux des Français, désireux d’habiter une ville écologique et végétale ; plus de huit sur dix souhaitent vivre près d’un espace vert, et six sur dix estiment que créer des espaces verts devrait être la première priorité de leur maire.

À côté des espaces végétalisés, ce sont désormais les « infrastructures grises » (routes goudronnées et bâtiments) qui sont à leur tour plantées, dans sept communes interrogées sur dix. En effet, le végétal prend le pas progressivement sur le béton dans tous les sites urbains : parkings, toitures de bâtiments collectifs, voirie, ronds-points, voies de tramway (huit villes sur dix), pistes cyclables… Angers a même choisi de végétaliser une ancienne voie ferrée pour relier la ville aux communes avoisinantes, et la transformer en voie cyclable et piétonnière.

Les parcs et jardins sont les infrastructures vertes les plus fréquentes : toutes les communes du panel possèdent des parcs et jardins, et une sur deux prévoit d’en créer d’autres dans les trois ans, comme Marseille avec son futur parc paysager des Aygalades. Sept villes sur dix offrent également des coulées vertes et plus de la moitié ont entrepris de restaurer ou de développer la végétalisation sur les berges. Objectif : valoriser l’écosystème et limiter l’érosion. En revanche, quatre villes sur dix seulement possèdent des forêts urbaines — des espaces qui améliorent durablement la qualité de l’air -, et peu ont prévu d’en implanter.

Aptes à améliorer la gestion des eaux et à prévenir les risques d’inondation, les zones humides et les noues végétalisées sont présentes dans sept villes sur dix, alors que trois sur dix en implanteront de nouvelles dans les trois prochaines années. Un point essentiel devant la multiplication des inondations. Les infrastructures végétales ont pour vertu de diminuer les quantités d’eaux traitées issues des systèmes de récupération artificielle d’eaux de pluie, ce qui réduit les coûts d’investissement et d’entretien. Contrairement aux sols artificiels, principale cause de l’augmentation des inondations, elles favorisent l’infiltration des eaux de pluie, qui sont épurées dans le processus et reconstituent naturellement les nappes phréatiques. Pourtant, sur dix communes qui développent des infrastructures vertes quatre seulement ont pour objectif la gestion de l’eau ; c’est principalement la biodiversité et l’amélioration du cadre de vie qui sont le moteur de la végétalisation pour la quasi-totalité (neuf sur dix). Introduire, dans le règlement des PLU et PLU(i), une obligation de développer les espaces verts, permettrait de généraliser ces bonnes pratiques auprès de l’ensemble des communes.

Signalons également que presque toutes les communes interrogées ont entrepris une démarche globale : le service Espaces verts et la direction de l’Urbanisme travaillent ensemble, ce qui permet d’intégrer la dimension végétale aux projets urbains.

Marie Gasnier

Créé par l’Union nationale des entreprises du paysage (Unep) et Hortis — une organisation qui rassemble les responsables d’espaces nature en ville, l’Observatoire développe la réflexion sur les perspectives de la ville verte en France et souhaite promouvoir le foisonnement d’initiatives végétales en milieu urbain.

Posté le par

Recommander cet article

Réagissez à cet article sur le forum