Les éleveurs laitiers s’engagent pour le climat

Développement durable

Avec le référentiel Carbon Agri, les éleveurs peuvent désormais valoriser financièrement la réduction de leurs émissions de CO2. En les achetant, les collectivités locales pourront compenser celles de leur territoire. Explications.

Rumination des bovins, utilisation d’engins agricoles, décomposition des effluents. Par leurs activités, les exploitations agricoles émettent de grandes quantités de CO2 dans l’atmosphère. Inciter les éleveurs à diminuer leurs émissions de carbone, c’est l’objectif du référentiel Carbon Agri, une méthodologie validée fin septembre par le ministère de la Transition écologique et solidaire, développée par l’ensemble des acteurs de la profession : l’Institut de l’élevage, les interprofessions lait et viande (Cniel, Interbev) et la Confédération nationale de l’élevage en partenariat avec Institute for Climate Economics (I4CE). Il s’agit de réduire de 20 % les émissions de carbone d’ici 2025. « Conforme au référentiel national Label Bas Carbone, lancé en novembre 2018, la méthode va bien au-delà de l’activité d’élevage de bovins puisqu’elle permet d’évaluer les émissions de CO2 sur l’ensemble du périmètre d’une exploitation agricole, y compris les cultures végétales », précise Thierry Geslain, directeur du développement durable du Cniel. La méthodologie certifie la réduction des gaz à effet de serre ainsi que le stockage de carbone dans les sols et la biomasse avec un double objectif : mesurer les progrès réalisés dans les élevages et valoriser financièrement la réduction des émissions.

Dans le cadre de cette démarche volontaire, les éleveurs s’engagent dans la réalisation d’un audit. S’ensuit la mise en place d’un plan d’actions. « Nous avons pu montrer qu’il existe beaucoup de leviers pour réduire les émissions de carbone sur une exploitation », ajoute Thierry Geslain. De la gestion du troupeau à la santé des animaux, en passant par la valorisation des effluents, l’alimentation du bétail, la plantation de légumineuses, la présence de haies et de prairies, plus d’une trentaine de leviers d’action ont été identifiés.

Une opportunité pour les éleveurs et les collectivités

Quelque 12 000 éleveurs sur 57 000 environ au niveau national sont déjà engagés dans une démarche de réduction de leurs émissions. La filière vise un objectif de 50 %. « Tous n’iront peut-être pas jusqu’au bout de la démarche, mais ils auront bénéficié d’un diagnostic de leur exploitation, estime Jean-Baptiste Dollé, chef du service environnement de l’Institut de l’élevage. Avec des avantages pour eux puisque la méthodologie Carbon Agri les oblige à travailler sur le fonctionnement de leur système d’exploitation afin de l’optimiser, donc réaliser des économies. En second lieu, les tonnes de CO2 évitées seront rétribuées financièrement. Ce levier financier permet d’impliquer davantage les éleveurs ». Une opportunité intéressante qui peut leur rapporter jusqu’à 5 000 et plus sur une période de cinq ans. Ce mécanisme vertueux pourrait aussi permettre aux agriculteurs de renouer les liens avec les collectivités locales de leur territoire, lesquelles cherchent à compenser leurs émissions et pourront, dans ce cadre, soutenir des projets locaux.

Blandine Klaas

Source : RCL

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