Pesticides illégaux : le gouvernement veut sensibiliser les agriculteurs

Développement durable

Le ministère de l’Agriculture a annoncé lundi 26 mai avoir lancé une campagne pour sensibiliser les agriculteurs aux « dangers liés à l’achat et à l’utilisation des pesticides illégaux », un phénomène en augmentation ces dernières années.

« Qu’il s’agisse de crime organisé ou de simple négligence, l’importation et l’utilisation de produits phytosanitaires non-autorisés ou contrefaits constituent une menace pour l’environnement et pour la santé des consommateurs comme des agriculteurs, qui en sont souvent les premières victimes », explique le ministère dans un communiqué.

Le phénomène « s’amplifie depuis le début des années 2000 », est-il rappelé sur la page web dédiée à cette question (info-phytos.gouv.fr). « De nombreux principes actifs sont contrefaits. La fraude peut être assimilée au crime organisé » souligne le ministère, qui a mis en place en septembre un plan de lutte contre le commerce illégal de pesticides.

Outre une campagne dans la presse spécialisée, affichettes et dépliants seront distribués dans les points de vente. Un numéro vert (0805 532 532) a aussi été mis en place.

Dans le cadre du plan Écophyto de réduction des pesticides lancé en 2008, le ministère espère ainsi inciter les utilisateurs à « acquérir les bons réflexes » : vérifier que le produit acheté est bien autorisé en France, apprendre à déchiffrer les étiquettes, etc.

L’an dernier, l’ONG Générations futures avait dénoncé la présence dans les sols français de susbtances interdites de longue date au nom de la santé publique et de l’environnement, comme le carbofuran, l’endosulfan, le terbuthylazine ou le carbosulfan.

Certains agriculteurs se fournissent, notamment en Espagne, en produits interdits en France qu’ils considèrent comme plus efficaces et meilleur marché que ceux autorisés.

Le coût est très souvent le moteur des achats illégaux : les pesticides représentent entre 8 et 9 % des coûts moyens dans la production agricole, selon l’Union nationale des industries phytosanitaires (UIPP).

Les sanctions « peuvent aller jusqu’à 6 mois d’emprisonnement et 30 000 euros d’amende », rappelle le communiqué.
 

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