Vélo : la FUB publie son premier baromètre des villes cyclables

Développement durable

Le premier « Baromètre des villes cyclables » pointe des écarts importants entre les espoirs des citoyens sur la question du vélo et la réalité de la situation dans les municipalités. Certaines communes se démarquent quand même positivement selon la Fédération française des usagers (FUB), qui refuse la fatalité et propose des solutions.

Les villes françaises ne sont pas à la hauteur des espoirs des citoyens en matière de vélo. Tel est le constat du premier « Baromètre des villes cyclables » réalisé par la Fédération française des usagers de la bicyclette (FUB)* entre septembre et novembre 2017. Le sondage, réalisé en ligne, a recueilli plus de 113 000 contributions mais seules les villes ayant reçu plus de 50 réponses ont vu leurs résultats comptabilisés. Au total, ce sont 316 communes de France métropolitaine et de d’outre-mer qui sont représentées, classées en cinq catégories de taille allant des villes de plus de 200 000 habitants aux villes de moins de 20 000 habitants. Les conclusions mettent au jour des disparités entre les territoires. Le communiqué indique que les villes françaises ont des efforts significatifs à faire pour permettre à leurs habitants de se déplacer à vélo confortablement et en sécurité ».

Des résultats peu satisfaisants

Chaque participant au Baromètre devait évaluer 26 affirmations et proposer une note correspondant entre 1 et 6. Ces dernières ont ensuite été transposées sur une échelle lettrée d’A+ à G, qui détermine une mention sur le « climat vélo ». La mention G traduisant un climat « très défavorable », A+ signifiant « excellent » et D un contexte « moyennement favorable ». Or le constat est explicite « seulement 21 villes sur les 316 classées ont obtenu une note supérieure à la moyenne ».

Les affirmations à noter de 1 à 6 sont réparties en 6 grandes catégories : ressenti général, sécurité, confort, efforts commune, services/stationnement et résumé. Au niveau national, à titre d’exemple, concernant la question n° 16 : « Travaux : solution alternative sûre proposée », 43 % des participants ont indiqué qu’ils n’étaient « pas du tout d’accord », soit l’équivalent d’une note de 1. Pour l’affirmation n° 26 : « Vols de vélos rares », 30 % des votants ont distribué la note de 1. De même que 36 % pour la « Sécurité des enfants et des personnes âgées ». « Aujourd’hui, les villes françaises ne permettent pas de circuler à vélo de manière simple, confortable et sécurisée », explique la FUB. Mais si globalement les résultats sont mauvais, il existe tout de même des éléments plus encourageants.

Une dynamique positive et des solutions

Le Baromètre, qui soulève des problèmes de fond, met toutefois en avant des villes qui ont réussi sous forme de podium. Les grands vainqueurs de ce Baromètre sont :

  • Strasbourg, qui obtient la mention B pour les villes de plus de 200 000 habitants ;
  • Grenoble avec la note de C pour les communes de 100 à 200 000 habitants ;
  • La Rochelle, classée C pour les villes de 50 000 et 100 000 habitants ;
  • Illkirch-Graffenstaden décroche un C pour la catégorie 20 à 50 000 habitants ;
  • Enfin La Flèche et Sceaux obtiennent tous deux la première place des villes de moins de 20 000 habitants avec un B.

La FUB prend exemple sur ces villes fleurons pour montrer qu’il n’y a pas de fatalité : « les villes qui assument une politique cyclable, comme Strasbourg ou La Rochelle, obtiennent des résultats encourageants », explique-t-elle. Elle propose par ailleurs différentes préconisations pour améliorer la situation. D’abord la création d’un fonds national vélo, doté de 200 000 millions d’euros pour aider la transformation des villes : « préconisée par le rapport Duron, cette impulsion nationale doit permettre de faire émerger des villes cyclables pilotes ainsi qu’une véritable expertise française de l’urbanisme cyclable ».

Ensuite, la Fédération propose d’améliorer « le rabattement vélo vers les gares ». Elle constate que 60 % des personnes interrogées « ne trouvent pas de solution sécurisée pour stationner leur vélo en gare », ce qui nuit à la fréquentation des TER. Elle pointe le retard de l’hexagone sur la question, « la France ne compte que 30 000 places de stationnement vélo en gare contre 440 000 aux Pays-Bas ». La FUB demande donc la création de 200 000 places en trois ans.

Enfin, la Fédération fait du vélo « un enjeu majeur pour répondre aux crises sanitaires (pollution, bruit, sédentarité) et sociales (mobilité et emploi, pouvoir d’achat, attractivité des territoires). Ainsi, elle encourage vivement les communes à s’investir dans le Baromètre afin de construire de nouvelles politiques de mobilité à la hauteur des enjeux.

La prochaine édition du Baromètre aura lieu en 2019.

* Source : « Baromètre des villes cyclables« , FUB, mars 2017

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