Créer des pistes cyclables temporaires pendant le déconfinement

Urbanisme

Le gouvernement consacre vingt millions d’euros au développement de la pratique du vélo pendant la sortie du confinement. Il soutient notamment la création, par les collectivités, de pistes cyclables temporaires et sécurisées.

Adapté aux trajets de courte ou moyenne distance, il ne coûte pas cher, favorise la distanciation naturelle, réduit les risques de contamination, soulage la congestion du trafic urbain, n’augmente pas la pollution atmosphérique, présente des vertus pour la santé… Le vélo est tout indiqué pour la sortie de confinement, après le 11 mai, afin d’éviter que les personnes qui retournent sur leur lieu de travail n’utilisent massivement leur voiture, par crainte de la promiscuité dans les transports en commun. Mais les aménagements sont souvent insuffisants pour permettre aux cyclistes de se déplacer en toute sécurité en agglomération. De nombreuses collectivités, dans le monde (Berlin, Bogota…) ou en France (Grenoble, Montpellier, Paris…), ont entrepris d’aménager des pistes cyclables temporaires : nouvelles voies de circulation pour les vélos ou élargissement de pistes cyclables existantes. Une démarche soutenue par le ministère de la Transition écologique, qui a débloqué fin avril vingt millions d’euros dans le cadre du programme de certificat d’économie d’énergie Alvéole pour faciliter la pratique du vélo. Le gouvernement prendra en charge jusqu’à 60 % des coûts d’installation de places de stationnement vélo temporaires. Au cas par cas, les préfets pourront mobiliser le fonds de dotation de soutien à l’investissement local (DSIL) pour cofinancer des pistes temporaires, avec les collectivités territoriales dont les ressources seraient insuffisantes. Par ailleurs, pistes cyclables et aménagements piétons temporaires seront dispensés d’autorisations préalables, celle des Architectes des Bâtiments de France (ABF) notamment.

Le plan gouvernemental sera déployé en partenariat avec la Fédération des usagers de la bicyclette (Fub). La ministre de la Transition écologique et solidaire, Élisabeth Borne, a par ailleurs chargé le Club des villes et territoires cyclables de recueillir les initiatives des collectivités volontaires dont les aménagements cyclables temporaires pourraient être expérimentés rapidement. Sont visés aussi bien les aménagements projetés avant la crise sanitaire, que ceux qui seraient spécifiquement imaginés pour le confinement. Le Club invite les collectivités à « penser ces aménagements dans un souci d’adaptation à l’existant et de réponse à la demande, sans perdre de vue les perspectives de pérennisation du transitoire ». Le Club agira en coordination avec les services de l’État et les associations dédiées au vélo. Il fera également remonter les obstacles, juridiques et administratifs, susceptibles de freiner la mise en place de ce type d’aménagement.

En outre, le gouvernement invite les collectivités et les préfets à tout mettre en œuvre pour la sécurité des cyclistes ; par exemple, en maintenant accessibles les voies vertes dont les conditions d’ouverture aux vélos sont remplies. Les autorités organisatrices de la mobilité (AOM) devront également veiller à la cohérence et à la continuité des itinéraires aménagés temporairement pour le vélo et les « engins de déplacement personnel motorisés » : trottinettes électriques…

Pour élaborer leurs pistes temporaires, les gestionnaires de voirie peuvent s’appuyer sur des fiches pratiques élaborées par le Cerema.

Le plan gouvernemental prévoit aussi des mesures individuelles : forfait de cinquante euros pour la remise en état d’un vélo par un réparateur référencé sur le site de la Fub et formation gratuite à la reprise du vélo.

Marie Gasnier

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