« Zéro phyto 100% bio », pour inciter les communes à un environnement plus sain

Développement durable

Trois associations ont lancé fin mars une campagne pour aider les communes à supprimer les pesticides et à promouvoir une restauration collective « bio ». Mode d’emploi.

Le 29 mars, durant la onzième Semaine pour les alternatives aux pesticides, Agir pour l’environnement, Bio Consom’acteurs et Générations Futures ont lancé un kit pour accompagner les communes dans le développement de l’agriculture biologique et la suppression des pesticides. Objectif : les inciter à passer dès maintenant au « zéro phyto » et à promouvoir l’agriculture biologique en introduisant des aliments « bio » en restauration collective. « Des communes de toutes tailles peuvent s’engager aussi bien vers le « 0 phyto » que vers le 100 % bio », expliquent les trois associations partenaires. Leur guide d’une cinquantaine de pages fournit conseils, textes juridiques exemples et témoignages de communes pionnières* et décrit les étapes-clefs pour se lancer dans un projet.

Le 1er janvier 2017, les pesticides seront totalement interdits dans l’espace public et les collectivités ne pourront plus les utiliser pour traiter les espaces verts, forêts, promenades ou encore les cimetièresLa loi du 6 février 2014, dite « loi Labbé », vise ainsi à répondre aux enjeux économiques, sanitaires et écologiques liés à l’utilisation des pesticides et à la culture biologique.

Un environnement plus sain qui évitera aux agents d’entretien et aux citoyens de nombreuses pathologies : allergies, asthmes, cancers, leucémies, maladies (Parkinson, Alzheimer…). Les pesticides ont un impact néfaste sur le développement durable, avec des impacts sur les sols, l’air, l’eau, la faune, la flore.

Avant de supprimer les pesticides, la commune doit faire un inventaire de ses pratiques : « plan de désherbage communal » et « plan de gestion différenciée » pour recenser les surfaces désherbées et les méthodes de désherbage employées, zones à risque (qualité de l’eau…), inventaire des moyens humains et matériels… Avec cette cartographie précise des espaces qu’elle entretient et des moyens dont elle dispose, la collectivité peut alors déterminer ses objectifs et les moyens nécessaires pour entamer sa démarche vers le « zéro phyto ».

Pour introduire le bio en restauration collective, il faut se renseigner sur la filière locale et réaliser un état des lieux : gestion directe ou gestion concédée du restaurant, présence d’une légumerie pour nettoyer, éplucher et préparer fruits et légumes frais, mode de prise des commandes, cahier des charges, budget alloué aux repas, formation des cuisiniers… Il convient aussi de prévoir une introduction progressive des ingrédients bio, de réduire le gaspillage alimentaire et de respecter, quoi qu’il en soit, la saisonnalité des produits.

Le kit propose une quarantaine d’adresses de sites internet où sont disponibles des outils facilitant, pour les élus, la mise en œuvre du plan « Zéro phyto 100 % bio ».

 

Marie Gasnier

 
* www.villes-et-villages-sans-pesticides.fr : recense les communes en fonction de leur usage des pesticides dans les espaces publics municipaux.
www.villes-et-villages-bio.fr : communes engagées dans l’introduction de produits bio en restauration collective.

 

Carte de France : où sont les pesticides ?

Générations futures a publié le 21 avril une carte de France des pesticides, qui comporte de nombreux témoignages.

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