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Avec la Cité internationale de la gastronomie et du vin, Dijon renforce son attractivité

Publié le 21 mars 2022 à 9h30 - par

Grâce à un projet public-privé très complexe, Dijon crée une cité internationale dédiée à la gastronomie et au vin, autour des valeurs du repas à la française reconnu par l’Unesco. Objectifs : attirer des touristes et créer de l’emploi dans un site patrimonial remarquable. La ville espère un million de visiteurs par an.

Avec la Cité internationale de la gastronomie et du vin, Dijon renforce son attractivité
© François Weckerlé

Le 6 mai 2022, sera inaugurée à Dijon (Côte-d’or, 160 000 habitants) la Cité internationale de la gastronomie et du vin, établie au cœur du centre-ville sur un site remarquable de 6,5 hectares, occupé par l’ancien hôpital général créé en 1204. Un projet d’une ampleur exceptionnelle lancé il y a dix ans, dont l’objectif est de faire rayonner la ville mais aussi la région Bourgogne-Franche-Comté, en matière économique, touristique, et culturelle. En effet, c’est en 2012 que Dijon a été sélectionnée, dans le cadre d’un appel à projets de la mission française du patrimoine et des cultures alimentaires (MFPCA) pour accueillir la cité de la gastronomie dédiée au « repas gastronomique des Français » que l’Unesco avait inscrit deux ans plus tôt sur la liste du patrimoine culturel immatériel de l’humanité. En 2015, l’Unesco a également classé les « Climats du vignoble de Bourgogne », qui englobent le secteur sauvegardé de Dijon, renforçant encore la thématique de la vigne et du vin de la future Cité.

« La ville a lancé en 2013 un appel à manifestation d’intérêt qui a été remporté par Eiffage. Lorsque l’hôpital a quitté le centre-ville début 2016, nous avons préempté le terrain qui a été revendu à Eiffage », explique le maire, François Rebsamen. La commune a pris par délibération la gouvernance des 1 750 m2 d’espaces d’exposition et de la boutique. Le parcours se déploie sur plusieurs sites, chaque visiteur pouvant composer son propre programme. Le cahier des charges, imposé par la ville, a été enrichi par les travaux d’un comité d’orientation stratégique de trente-cinq « sages » (chercheurs, historiens, viticulteurs, sommeliers, conservateurs…) pour garantir la validité scientifique de la stratégie culturelle et événementielle de la Cité.

« L’appel à manifestation d’intérêts a permis de faire évoluer le projet au fur et à mesure, se félicite François Deseille, adjoint au maire de Dijon, délégué aux finances et à la Cité internationale de la gastronomie et du vin. Comme, par exemple, d’obtenir le transfert du complexe cinématographique à la Cité, ce qui contribuera à y faire venir des personnes toute l’année, alors que les études avaient montré qu’elle serait moins visitée entre décembre et février. Ou encore de vouloir proposer une cuisine événementielle ».

Dijon, qui accueille 3,3 millions de touristes chaque année, espère un million de visiteurs à la Cité dont 500 000 pour le cinéma, 300 000 pour les commerces et 200 000 au pôle culturel. L’idée est d’inciter ces visiteurs à se rendre au centre-ville (Musée des Beaux-Ars, restaurants étoilés, boutiques…) ou à entamer la route des Grands crus (elle aussi classée par l’Unesco) dont le « kilomètre 1 » se situe à Dijon, et de faire fonctionner le bouche-à-oreille. Une antenne de l’office du tourisme sera également présente sur le site. Des retombées économiques considérables sont attendues dont celles du chantier, estimées à 200 millions d’euros, ainsi qu’un impact important sur l’emploi – 85 % des entreprises sélectionnées pour le chantier sont établies en Bourgogne-Franche-Comté et la Cité créera environ 250 à 300 emplois directs et 600 emplois indirects. L’investissement s’élève à 250 millions d’euros, avec une part de 15,5 millions d’euros pour la ville (dont 7 millions d’euros financés par la région et 2 millions d’euros par l’État, 2 millions d’euros de mécénat).

« Le conseil municipal d’opposition a tenté de faire des recours au tribunal administratif, qui ont tous été rejetés, mais cela nous a permis paradoxalement d’avoir du temps pour peaufiner le projet et nous a montré que les opérateurs y croyaient, car aucun n’est parti… », précise François Deseille.

Les agences d’architecture d’Anthony Béchu et d’Alain-Charles Perrot ont conçu des édifices contemporains audacieux, à côté des bâtiments protégés au titre des monuments historiques ou remarquables qui seront mis en valeur : chapelles, apothicairerie, toits vernissés…

Martine Courgnaud – Del Ry

Une cave de 3 000 crus

Toutes les activités seront liées à la gastronomie et au vin, à leur histoire, à la culture et au patrimoine : expositions, ateliers de cuisine et d’œnologie, conférences, masterclass, parcours du goût, dégustations de 250 vins différents chaque jour (la Cité dispose d’une cave exceptionnelle de 3 000 crus provenant du monde entier dont 1 000 vins de Bourgogne), restaurants, commerces de bouche, rencontres avec les savoir-faire locaux (cassissiers, moutardiers…)… Une antenne de la prestigieuse école hôtelière Ferrandi accueillera 110 étudiants de tous pays pour des formations intensives à la pâtisserie et à la cuisine française. L’école des vins du Bureau interprofessionnel des vins de Bourgogne sera installée sur le site. Sans oublier des logements, un hôtel Hilton, un espace boisé de 3 000 m2… L’accès à la Cité sera gratuit, et l’espace culturel accessible à partir de 9 euros.