Ouvrir les monuments historiques aux touristes

Communication

Les collectivités propriétaires de monuments historiques doivent en assurer la bonne conservation. Elles peuvent aussi lancer des projets de développement touristique variés, qui contribuent au développement local et au rayonnement international.

La France possède plus de 44 600 monuments historiques protégés (bâtiments, grottes, parcs, gisements archéologiques, objets mobiliers…), mais aussi 40 sites culturels inscrits au patrimoine mondial de l’Unesco, 8 000 musées, 800 sites patrimoniaux remarquables… La majorité sont privés ; 47 % appartiennent à une collectivité publique et 4 % à l’État. Le tourisme culturel patrimonial génère chaque année environ 15 milliards d’euros de retombées économiques sur les territoires. Pourtant, alors que l’attractivité touristique de la France vient en grande partie de la richesse du patrimoine historique et culturel, cet actif est aujourd’hui menacé, selon une étude de la Direction générale des entreprises, la Direction générale des patrimoines et la Caisse des dépôts.

Propriétaires et gestionnaires doivent assurer la bonne conservation des biens. Ils peuvent aussi entreprendre un projet de développement touristique : hébergement, restauration, location d’espaces commerciaux, de formation, de travail, événements, offre culturelle (visite, animation, exposition). Lorsqu’il se situe au sein d’une destination touristique proche de métropoles ou d’aires urbaines et qu’il est accessible par de grands axes de communication, le monument bénéficie d’un marché touristique existant, et peut alors attirer, par des offres adaptées, des clients dont la motivation initiale n’est pas impérativement le patrimoine.

S’il fait partie d’une destination à l’offre patrimoniale et culturelle importante, le monument peut s’inscrire au sein d’un réseau d’offres touristiques similaires et recevoir ainsi une clientèle nombreuse, à condition que son offre se démarque.

Au cas où il est situé dans des espaces peu fréquentés, il faut viser une clientèle plus étendue et créer une destination, avec un système d’offres cohérent. 
Une offre très adaptée, innovante, dont la commercialisation est maîtrisée, compense en partie le déficit d’implantation ou une trop grande dépendance à la saisonnalité.

Les caractéristiques du monument (architecture, taille et état de conservation), qui peuvent être des atouts, freinent aussi parfois le développement de certaines activités touristiques. Par exemple, l’offre hôtelière, qui doit répondre à des normes de sécurité et de confort, nécessite des implantations vastes et facilement adaptables : abbaye, caserne, usine, dépendances… 
Une emprise foncière conservée, la persistance d’une activité de production sur place (agricole notamment) constituent des atouts. 
Certains sites peuvent compenser par la créativité des conditions initiales peu favorables, en édifiant des bâtiments neufs parfaitement intégrés au paysage.

La collectivité peut gérer le projet directement ou le confier à un gestionnaire spécialisé, par contrat d’affermage ou de concession, par bail emphytéotique ou par autorisation d’occupation temporaire. 
Les propriétaires publics exploitent rarement des équipements touristiques marchands et font appel, pour l’hôtellerie notamment, à des opérateurs privés. Dans tous les cas, vision globale et rigueur budgétaire sont indispensables.
 Développer des équipements touristiques dans les monuments historiques offre de nouvelles sources de revenus, des leviers potentiels de sauvegarde et de mise en valeur des biens, et renforce le développement local.

Mais ce sont des projets onéreux, aux montages juridico-financiers complexes, qui appellent un investissement de long terme : restauration et entretien des biens, reconversion commerciale… Les subventions, l’emprunt, la philanthropie (mécénat, crowdfunding, parrainage…) peuvent s’ajouter aux moyens classiques de financements.

L’étude décrit une procédure méthodologique apte à structurer un projet de reconversion de monument historique en équipement touristique, tout en sécurisant les investissements et en attirant des partenaires financiers.

Marie Gasnier

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