« Revalorisation significative » du point d’indice et des grilles, ainsi que des « moyens budgétaires à la hauteur » : lors d’une conférence de presse depuis les locaux de la CGT, cette dernière ainsi que FO, CFDT, UNSA, FSU, Solidaires, CFE-CGC et FA-FP ont affiché jeudi 24 septembre leur unité.
Budget 2027 : tensions autour de la rémunération des agents publics
Les organisations syndicales demandent de meilleures conditions de rémunération pour les agents publics et rejetent en bloc les premières annonces du gouvernement concernant le budget 2027.
À la fin d’un mois de septembre marqué par une inflation nourrie notamment par des prix du carburant record, les syndicats s’alarment du pouvoir d’achat des agents publics : « Lorsqu’on interroge les agents, tous, sans une exception, parlent de leur pouvoir d’achat, de leur salaire, d’un besoin de reconnaissance », a insisté Luc Farré, de l’Unsa.
Or mi-septembre, le Premier ministre Sébastien Lecornu a indiqué au Figaro qu’il souhaitait une nouvelle fois geler le point d’indice qui sert à calculer la rémunération de base des fonctionnaires.
« Une véritable provocation » pour l’intersyndicale, qui déplore « des rattrapages de perte de pouvoir d’achat qui n’auront pas lieu » face à l’inflation.
Depuis 2017, les agents publics n’ont vu leur point d’indice revalorisé qu’en 2022 (3,5 %) et 2023 (1,5 %), soit une revalorisation totale légèrement supérieure à 5 %. Entre-temps, selon l’Insee, l’inflation cumulée depuis 2017 aura atteint 24,17 % à la fin 2026.
En 2026, près de 862 000 agents, soit près d’un sur six, ont perçu un salaire de base inférieur au salaire minimum, obligeant le gouvernement à leur verser une « indemnité différentielle » afin de respecter un décret pris en 1991. Selon celui-ci aucun agent public ne peut percevoir une rémunération indiciaire inférieure au SMIC.
Dans ses annonces sur le budget 2027, qui devrait être dévoilé le 1er octobre, Sébastien Lecornu pointait dans Le Figaro les « 2 milliards » d’euros que coûterait selon lui la revalorisation du point d’indice des fonctionnaires, dans un contexte de comptes publics dans le rouge.
Les pompiers dans un cortège à part
« Si on regarde depuis 10 ans, les agents publics ont participé grandement, par la non revalorisation de leur salaire, par la perte de leur pouvoir d’achat » aux économies des gouvernements successifs, fait valoir Luc Farré.
« À tirer sur la corde, la corde cède », a prévenu Laure Revel, de la CFDT, syndicat réformiste, qui parle d’un « moment grave » pour les agents publics, notamment « dans les hôpitaux, dans les écoles ».
Pour porter leurs revendications, l’intersyndicale a appelé à la grève et aux manifestations mardi 29 septembre. « C’est vraiment une colère que nous tenons à exprimer, et la journée du 29 septembre sera une journée noire », a martelé Natacha Pommet, de la CGT.
À Paris, deux cortèges devraient converger vers la place de la Nation, depuis la place de la République et la place d’Italie, sous réserve que le tracé soit validé par la préfecture, a indiqué Natacha Pommet.
L’un des cortèges devrait être composé uniquement de pompiers, particulièrement exposés lors des incendies de cet été. « Ils ont souhaité être distincts tout en marquant leur appartenance à la fonction publique » en convergeant un peu plus tard vers le reste des manifestants, a-t-elle expliqué.
Avec cette manifestation, l’intersyndicale espère peser sur le budget mais aussi sur les candidats à la présidentielle. « On sait à quel point le fonctionnaire-bashing (critique des fonctionnaires, NDLR) peut fonctionner en ces périodes », a averti Caroline Chevé, du syndicat d’enseignants FSU.
« Une journée de grève massive, réussie, c’est de nature à faire bouger les lignes », a poursuivi la syndicaliste lors de la conférence de presse. « Et nous avons beaucoup de signaux qui montrent que cette journée se prépare sous les meilleurs auspices », a-t-elle ajouté.
Jeudi, l’intersyndicale recensait 155 manifestations prévues à travers la France, un chiffre comparable à celui de la dernière mobilisation d’ampleur des agents publics, en décembre 2024.
Copyright © AFP : « Tous droits de reproduction et de représentation réservés ». © Agence France-Presse 2026
