E-éducation : gouvernance et inégalités territoriales

Éducation

Le développement de la politique numérique est un sujet complexe au cœur de la coéducation qui fait apparaître des enjeux fondamentaux pour notre système éducatif.

Au cours de l’Université d’été Ludovia en août dernier, l’Andev a souligné d’une part le problème de gouvernance partagée entre État et collectivités territoriales et, d’autre part, les modalités de collaboration et de partage voire de mutualisation entre acteurs mais aussi les problèmes d’inégalités territoriales.

Co-éducation

L’Andev rappelle que la problématique des TICE est au cœur de la question des compétences croisées entre l’État et les collectivités territoriales. Même si la question semble tranchée, dans la réalité des faits aujourd’hui, l’équipement et la prise en charge des frais de fonctionnement aux collectivités, la formation et l’achat de logiciels à l’Éducation nationale, son absence de clarification constituent un frein à la mise en œuvre de politiques numériques concertées.

L’équipement informatique des écoles n’est que de la compétence optionnelle des collectivités ; il n’est pas une charge obligatoire. La décision de principe d’équiper les écoles pour l’équipement informatique repose donc sur une volonté politique locale forte de développer le numérique. Ainsi, l’engagement local constitue un des leviers structurants d’une politique éducative locale globale.

Égalité territoriale

Le numérique est l’un des volets régulièrement inscrit dans les projets éducatifs locaux et fait l’objet de contractualisation avec l’État dans les différentes démarches incitatives mises en place par lui dans le cadre des politiques de la ville (CUCS, PRE), mais qu’en est-il des territoires de droit commun ? Le développement du numérique, même si les élus sont convaincus de son intérêt et mobilisent des moyens pour le mettre en œuvre, est-il considéré comme un moyen éducatif local pour qu’il soit réparti de façon équitable sur le territoire, à l’intérieur et entre les mêmes niveaux d’enseignement, ce qui implique bien évidemment une coopération entre les différents niveaux de collectivité locale et l’idée de continuité éducative ?

La généralisation des politiques des TIC ne risque-t-elle pas de creuser les écarts entre les enfants qui peuvent poursuivre les apprentissages et ceux qui n’ont pas ces facilités, car la fracture numérique existe encore et est d’autant plus grande que les parents n’ont pas, pour certains, acquis cette connaissance numérique.

Le gouvernement s’est doté d’un ministère de l’Égalité des territoires et du logement chargé de réduire les inégalités entre certaines zones du pays équipées inégalitairement (culture, formation, éducation, accès aux réseaux numériques, etc.). Il est certain que les fractures territoriales existantes entraînent des inégalités territoriales qui ne sont pourtant pas dues seulement à la situation des territoires, mais à d’autres facteurs : le sexe, la situation professionnelle, etc.

Cependant, il ne faut pas verser dans l’égalitarisme mythique. Les villes les plus importantes ont investi dans le numérique éducatif et parfois communiqué sur l’intérêt pédagogique de leurs efforts. Inversement, des écoles de petites communes se sont vues distancées des écoles urbaines, comme dans d’autres domaines, d’où une fracture territoriale persistante, accentuée par le développement du Plan « Écoles numériques rurales » (ENR).

Chaque territoire a ses particularités, ses atouts, ses différences qui sont à la base de la richesse et de la diversité des territoires.

Anne-Sophie Benoit, Présidente de l’Andev

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