L’État prend le pouls des directeurs d’école

Éducation

Le ministère de l’Éducation nationale et de la Jeunesse vient de publier la synthèse de la consultation menée fin 2019 auprès des directrices et directeurs d’école.

À la suite du suicide d’une directrice d’école en Seine-Saint-Denis, le ministère de l’Éducation nationale et de la Jeunesse a engagé une concertation avec les professionnels et les organisations syndicales pour explorer des pistes d’évolution des fonctions de directeur d’école.

Parallèlement à ces travaux, le ministère a lancé une large consultation auprès des directrices et directeurs d’école publique et privée, « afin de recueillir leur opinion et établir ainsi un état des lieux des conditions d’exercice de leur métier, de leurs difficultés et de leurs attentes ». Près des deux tiers des directeurs d’école (29 007 sur 45 500) ont participé à la consultation menée du 13 novembre au 1er décembre 2019.

Rendus publics le 7 janvier 2020, les résultats vont alimenter les travaux avec les organisations syndicales, qui débutent ce mardi 14 janvier 2020. Une première séquence sera consacrée aux missions et tâches incombant aux directeurs d’école, afin d’identifier les simplifications et suppressions possibles, précise le ministère. Une seconde séquence s’ouvrira ensuite sur les conditions d’exercice de la profession (aide administrative, accompagnement RH, décharges…).

La perception du métier

Pour caractériser leur métier, les directrices et les directeurs mettent en avant deux mots : polyvalence (25 %) et responsabilité (22 %). Ils citent ensuite le sens du relationnel (14 %), la disponibilité et l’administratif (tous deux à 13 %). Certaines facettes négatives de la fonction apparaissent avec les termes surcharge de travail (12 %), chronophage (10 %), stress et fatigue (10 % également). De fait, près de la moitié (46 %) des directeurs consultés déclarent passer de 11 h à 20 h aux tâches de direction. 44 % y consacrent plus de 20 heures par semaine. Le temps dédié à la fonction s’avère plus important pour les directeurs d’écoles élémentaires, d’écoles en REP ou REP+ et, sans surprise, croît avec la taille de l’école dirigée. Résultat, ces fonctions empiètent sur leur temps d’enseignement. Plus de 9 directeurs sur 10 (91 %) déclarent que lorsqu’ils sont en classe ils sont souvent interrompus pour répondre à une sollicitation liée à leur fonction de direction.

C’est le suivi des situations individuelles d’élèves (76 %), l’administratif (75 %), les relations avec les parents d’élèves (68 %) et le travail collectif (67 %) qui absorbent le plus de temps. Parmi ces tâches, le suivi collectif des élèves et le travail d’équipe suscite le plus de satisfaction (66 %). À l’inverse, les deux dimensions du métier jugées les plus pénibles sont le travail administratif (62 %) et la sécurisation de l’école (66 %). Assurer la sécurité, dans et aux abords de l’école, se révèle d’ailleurs un aspect du travail sur lequel ils expriment un besoin de soutien (55 %), avec le suivi individuel des élèves (62 %).

Les besoins et les attentes des directrices et directeurs d’école

Des pistes d’amélioration de leur travail sont évoquées spontanément par les participants à la consultation : une augmentation du temps de décharge (36 %), la simplification des tâches (27 %), une aide humaine pour la gestion des petites tâches (20 %). Les directrices et directeurs formulent plus précisément un besoin d’appui humain pour gérer les accès à l’école en dehors des heures d’entrée ou sortie de classe (52 %, surtout dans les écoles de plus de 220 élèves : 62 % et en REP + : 67 %), pour répondre aux appels téléphoniques (48 %) et, dans une moindre mesure, traiter les messages électroniques (26 %, d’autant plus dans les écoles de petite taille 51 %).

Plus d’un directeur sur deux (54 %) ressent un besoin de formation en connaissance du droit et de la réglementation. Cette attente est encore plus élevée dans les écoles de moins de 100 élèves. Par ailleurs, seuls 45 % des participants à la consultation déclarent avoir suivi, depuis leur prise de fonction, un module de formation liée à leur fonction de direction. Ce taux est à peine plus élevé chez les directeurs ayant plus de 10 ans d’ancienneté (47 %).

Les relations avec les équipes, la hiérarchie, la commune

  • Une majorité des directeurs d’école estiment leur autorité reconnue, notamment par les personnels non enseignants (89 %), les inspecteurs de l’Éducation nationale (82 %), les conseillers pédagogiques (82 %), les élus municipaux (82 %) et les enseignants (81 %, dans les écoles les plus petites le taux est moins élevé). Les directeurs témoignent également largement de la réactivité des équipes de la circonscription et des services municipaux. Ils sont toutefois moins de la moitié (47 %) à juger les services de médecine scolaires réactifs.
  • Les participants à la consultation souhaiteraient être décisionnaires sur l’utilisation des 108 heures annuelles hors présence des élèves au sein de l’école (87 %) et bénéficier de réunions régulières d’échange d’expérience avec d’autres directeurs (83 %). Plus des deux tiers (68 %) des directeurs témoignent, par ailleurs, d’une envie d’être associés au pilotage pédagogique et à l’élaboration des actions mises en place au niveau de leur circonscription.
  • En revanche, l’implication dans l’évaluation des enseignants est moins prononcée : 56 % souhaiteraient être associés à l’évaluation des professeurs de leur école, uniquement pour ce qui concerne leur contribution à l’action de la communauté éducative ; un quart des directeurs souhaiterait être associé à l’évaluation des professeurs dans tous les domaines.

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