Le lourd impact de la crise sanitaire sur les collèges

Éducation

L’ADF vient de publier une grande enquête sur les conséquences de la crise sanitaire sur les politiques éducatives départementales.

L’Assemblée des départements de France (ADF) a publié fin mai 2021 une grande enquête évaluant les conséquences de la crise sanitaire sur la conduite des politiques éducatives départementales, en particulier les impacts sur le fonctionnement des collèges. 48 départements y ont participé. Cet échantillon à forte dominante rurale représente 1 260 212 collégiens scolarisés dans 2 601 établissements de l’enseignement public, soit 36,7 % des collégiens répertoriés par le ministère de l’Éducation nationale, de la Jeunesse et des Sports. Avec un ratio par département allant d’un minimum de 4 260 élèves pour la Creuse et un maximum de 94 000 élèves pour le Nord. Le total des budgets « Éducation » des départements de l’échantillon destinés aux collèges et aux politiques éducatives s’élève à 1,5 milliard d’euros. Les informations recueillies pour les besoins de l’enquête couvrent la période de mars 2020 à janvier 2021. Selon l’ADF, le surcoût total moyen engendré par les mesures liées au respect des protocoles sanitaires (masques, produits d’hygiène, renforcement des équipes) pour un département représente 756 900 euros.

Les impacts de la crise sur le bâti scolaire

« La crise sanitaire a eu des impacts sur le fonctionnement des collèges et a fait ressortir les limites bâtimentaires des établissements », explique l’ADF. Le premier point signalé par les départements concerne le manque de points d’eau. Le constat est particulièrement criant à la suite des règles inhérentes aux protocoles sanitaires successifs mis en place par le ministère de l’Éducation nationale à compter de mai 2020. La deuxième principale difficulté identifiée vise les réfectoires, jugés inadaptés aux mesures de distanciation sociale. Parmi les autres difficultés : la gestion des espaces et de la circulation des usagers. S’agissant de la ventilation des espaces, certains départements rapportent des difficultés structurelles pour assurer la bonne aération des pièces (exemple : fenêtres scellées). Certains départements vont donc réétudier les plans de rénovation et construction des collèges en raison des limites identifiées pendant la période de la crise sanitaire.

Le coût important des masques

Tous les départements sans exception ont doté en masques les personnels départementaux dans les collèges. Les trois quarts d’entre eux ont privilégié les masques lavables et jetables. Variable en fonction du nombre de personnel des départements, le coût de cet équipement oscille entre 7 500 et 400 000 euros. La dépense moyenne par département s’établit à 82 145 euros.

Allant au-delà de leur compétence obligatoire, 80 % des départements ayant participé à l’enquête ont doté directement en masques les collégiens ou proposé des aides aux familles pour cette dotation. Le coût de la dotation en masques des élèves représente, en moyenne, 157 876 euros par département. Ces dépenses oscillent de 10 592 à 834 000 euros. Le coût moyen par élève est estimé à 6,01 euros. En revanche, aucun département n’a déclaré doter en masque les enseignants et personnels de l’Éducation nationale depuis la rentrée scolaire de septembre 2020.

Par ailleurs, le surcoût global lié à la fourniture de consommables d’hygiène hors masque (produits d’entretien et consommables divers) est évalué, en moyenne, à 155 220 euros par département. L’ADF chiffre la dépense à 7 425 euros par établissement.

Impacts sur les personnels

Lors de la reprise de l’école le 11 mai 2020, après le premier confinement, la plupart des collèges ont été confrontés à des difficultés d’absentéisme des personnels, confirme l’ADF. Dans la majorité des départements ayant répondu à la question, ce taux d’absence ne dépasse toutefois pas 15 % des effectifs. Ce chiffre masque néanmoins de profondes disparités entre départements, en fonction du nombre de personnels employés. Pour 18 d’entre eux, ce taux se situe entre 16 et 30 % du personnel. Deux départements – le Rhône et l’Yonne – déclarent avoir été confrontés à des problèmes d’absentéisme de l’ordre de 30 à 50 % des effectifs.

Pour la moitié des départements sondés, la majorité des absences est liée à la vulnérabilité des personnels, selon la définition des Agences régionales de santé (ARS). Pour 25 d’entre eux, le problème réside dans les difficultés de garde d’enfant. Enfin, 20 départements déclarent la maladie comme cause de l’absentéisme des personnels. Pour pallier l’absence des personnes, les départements ont eu recours aux remplacements et/ou nouvelles embauches de manière importante. Au total, 37 départements sur les 48 de l’échantillon ont augmenté leurs recrutements lors de la crise sanitaire. Le coût total de ce recrutement est estimé à 362 182 euros, en moyenne, par département.

Les autres impacts

Plus de la moitié de l’échantillon (32 départements) a fourni des tablettes aux élèves.

  • Restauration scolaire

Durant la période de réouverture des collèges, du 11 mai 2020 aux vacances estivales, tous les départements ont assuré un service de restauration. Les deux tiers des répondants déclarent avoir assuré un service complet dans tous les collèges. Le dernier tiers indique avoir assuré un service partiel. À partir de la rentrée scolaire de septembre 2021, deux tiers (65 %) des départements répondants ont organisé 1 à 2 services supplémentaires chaque midi.

Tous les départements ont mis en place un système de gestion des flux d’entrée pour s’assurer de la correcte désinfection au gel hydroalcoolique des convives. Par ailleurs, le contexte particulier a justifié, pour un peu plus de la moitié des départements de l’échantillon (25), de mettre en place des remises ou exonérations des frais des repas spécifiques pour les élèves demi-pensionnaires absents en raison de la crise du Covid-19. Pour les départements facturant « au repas », les délais de carence ont généralement été supprimés ou assouplis.

  • Accompagnement social des élèves

Les départements proposant des bourses à la scolarité ont continué de les verser, sans décompte des jours de non-scolarité.

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