Près de la moitié des directeurs d’école agressés par des parents, selon une étude

Éducation

Les directeurs d’école ressentent une dégradation des relations avec les parents : contestation des sanctions, des enseignements et de l’autorité, mais aussi des comportements agressifs, selon une enquête du chercheur Georges Fotinos dévoilée mardi.

L’étude « L’état des relations école/parents : entre méfiance, défiance et bienveillance », pour le compte de la Casden (banque coopérative des enseignants), dévoilée par Le Parisien, a été réalisée en ligne du 10 juin au 19 juillet 2013 via un questionnaire remis à près 4 000 directeurs d’écoles sur plus de 52 000 établissements. Ont été retenues 3 320 réponses, avec « une représentation proche des moyennes nationales et légèrement plus masculine et plus âgée ». L’enquête a été dirigée par Georges Fotinos, ancien chargé de mission à l’inspection générale de l’Éducation nationale. M. Fotinos, qui a réalisé dans le passé des enquêtes avec l’ancien président de l’Observatoire international de la violence à l’école Éric Debarbieux, n’a pas de lien avec l’Observatoire, a-t-il indiqué à l’AFP, de même que l’actuelle présidente de l’Observatoire Catherine Blaya, qui souligne n’avoir aucun lien avec la nouvelle enquête. L’étude publiée mardi pointe « un creusement » du fossé entre parents et enseignants, souligne la Casden dans un communiqué. Les punitions et les sanctions viennent en tête des différends entre les parents et l’école avec 53,3 %, devant la surveillance et la maltraitance entre élèves (45,4 %) et les résultats et les difficultés scolaires (33,1 %).

Pour un quart des directeurs, « les parents ne respectent pas l’autorité des enseignants sur leurs enfants » et pour une proportion identique « les enseignantes sont moins respectées par les parents que les enseignants ». La moitié des directeurs estime que « les parents de son école n’inculquent pas à leurs enfants les valeurs de l’école républicaine« . Ce fossé se manifeste aussi par des comportements agressifs, qu’il s’agisse de harcèlement, menaces ou insultes. Un directeur d’école sur deux s’est dit ainsi victime d’au moins une agression verbale ou physique pendant l’année scolaire ; 2012-2013. Le harcèlement (38,6 %) est le principal type d’agression devant les menaces (26,7 %) et, les insultes (23,1 %). En revanche, « les agressions physiques par des parents sont excessivement rares (0,7 %) », précise l’étude.

Une partie de la loi sur l’école « est centrée sur les relations parents-enseignants, il était temps de savoir quelle était la situation, au-delà des rumeurs, des fait divers », a  indiqué M. Fotinos à l’AFP. D’autant que « les études internationales démontrent que quand il y a un véritable partenariat » entre l’école et les familles, « la réussite des élèves s’améliore considérablement », de même que le climat scolaire. Les directeurs d’école interrogés saluent par ailleurs une forte participation des délégués parents d’élèves dans les instances des établissements.
Parmi les propositions de M. Fotinos, la création d’un statut des parents d’élèves, qui obligerait les employeurs à libérer les délégués pour participer à des réunions, sur le modèle des élus syndicaux. Cela permettrait à des parents aujourd’hui éloignés de l’école de s’y investir. La création de ce statut est une revendication de la FCPE.

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