Création de groupes de travail entre le gouvernement et les régions

Élus

Le gouvernement et les régions renouent le dialogue en constituant des groupes de travail communs. Pour l’État, il s’agit de dépasser les critiques des élus régionaux sur la réforme des collectivités. Pour les régions, l’enjeu est de mieux faire reconnaître leurs compétences notamment en matière de développement économique.

Évolution des compétences et des finances, dialogue sur la définition d’une stratégie de développement économique et de compétitivité, programmation des investissements publics, contrats de projet État-région, fonds européens, apprentissage et orientation sont les thèmes évoqués pour des groupes de travail mis en place entre le gouvernement et l’Association des régions de France (ARF). Le ministre François Fillon, accompagné du ministre du Budget, des Comptes publics, de la Fonction publique et de la Réforme de l’État, porte-parole du gouvernement, François Baroin, et du ministre chargé des Collectivités territoriales, Philippe Richert, a en effet rencontré, fin janvier, une délégation de l’ARF, conduite par son président, Alain Rousset. Cette rencontre intervient à la suite du discours de politique générale prononcé par le Premier ministre le 24 novembre 2010, dans lequel il confirmait « sa volonté de reprendre un dialogue républicain avec les associations de collectivités locales et sa disponibilité pour les rencontrer ».

Du côté de l’État, ces échanges avec les élus locaux sont perçus comme « indispensables pour que les territoires s’inscrivent efficacement dans les perspectives de sortie de la crise économique et financière internationale, et participent à l’objectif de redressement des comptes publics et au renforcement de la cohésion sociale ».

Du côté de l’ARF, les élus se sont félicités « de la reprise d’un dialogue trop longtemps interrompu ». Après avoir rappelé les vives critiques sur les conséquences de la réforme territoriale, l’ARF a réitéré son souhait d’une clarification des compétences entre État et régions. Pour l’association, les groupes de travail devront notamment « définir une fiscalité dynamique et adaptée aux missions des régions ». Les questions de stratégie économique et industrielle sont également au cœur des préoccupations. Les régions sont en effet « très sollicitées dans le cadre des investissements d’avenir et multiples appels à projets ». Elles s’inquiètent « du financement nécessaire, sur le long terme, à la qualité de la recherche française ». Elles ont aussi réaffirmé leur attachement à la préservation des moyens financiers de la politique européenne de cohésion, « essentielle, au même titre que la PAC, à l’avenir et la compétitivité des territoires après 2013 ». L’ARF sera donc associée à l’évaluation de l’expérience d’une gestion régionale directe de ces fonds structurels européens. Enfin, l’association a réitéré ses inquiétudes sur l’avenir des transports ferroviaires.

Le dialogue entre l’ARF et l’État sera conduit avec les ministres concernés, sous la coordination de Philippe Richert. Le Premier ministre a, en outre, fait part à l’ARF de sa volonté d’organiser régulièrement ce type de rencontres. Une prochaine réunion devrait notamment être consacrée aux problèmes des transports.

Alan Kerhel

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