La part des femmes augmente parmi les élus locaux

Élus

Le dernier Bulletin d’information statistique de la DGCL constate une féminisation accrue des élus locaux.

Après les dernières élections locales – municipales en 2020, départementales et régionales en 2021 -, la Direction générale des collectivités locales (DGCL) du ministère de la Cohésion des territoires et des Relations avec les collectivités territoriales vient de publier une étude sur les élus locaux (Bulletin d’information statistique de la DGCL, BIS n° 157, août 2021*). Résultat : « La part des femmes parmi les élus locaux augmente, celle des jeunes diminue ». Selon l’étude, la part des femmes parmi les élus locaux progresse bien, mais reste cependant en dessous de la parité pour la plupart des fonctions exécutives locales. Autre constat : la part des « jeunes » élus (âgés de moins de 40 ans) a diminué en 2021 par rapport à 2015 dans les conseils départementaux et régionaux et celle des jeunes conseillers municipaux et intercommunaux est restée stable entre 2014 et 2020.

Un réelle féminisation des élus locaux

  • L’alternance obligatoire d’un homme et d’une femme dans la présentation des listes électorales, qui s’applique depuis 2014 aux communes de 1 000 habitants ou plus, entraîne mécaniquement une féminisation des conseils municipaux. Ainsi, la part des femmes parmi les élus municipaux, qui n’était que de 33 % après les élections de 2001, s’élève désormais à 42,4 %.
  • Plus faible, la part des femmes membres des conseils communautaires est passée de 31,4 % en 2014 à 35 % au 1er janvier 2021.
  • La proportion de femmes parmi les conseillers départementaux est, quant à elle, passée de 13,8 % en 2011 à 50 % en 2015 et en 2021, conséquence mécanique, là encore, de l’obligation de présenter des candidatures binominales (homme, femme).
  • S’agissant des effectifs des conseils régionaux, la part des femmes a connu une forte progression aux élections de 2004, où ont été mises en œuvre les dispositions relatives à la parité, imposant une stricte alternance des candidats de chaque sexe sur les listes. Celle-ci est désormais de 48,6 %.

Davantage de femmes adjointes que maires ou présidentes

Pour les fonctions de président et de maire, les proportions de femmes restent toutefois plus faibles, même si elles progressent également.

Ainsi, en 2021, seuls 19,8 % des maires sont des femmes, après 16,1 % en 2014. La proportion de femmes présidentes de conseils communautaires est encore plus faible et augmente peu : 11,4 % en 2021, après 8 % aux élections de 2014. La féminisation des présidents de conseil départemental s’accélère plus nettement : elle passe à 20,2 %, après avoir presque stagné entre les élections de 2011 (6,1 %) et de 2015 (8,2 %). Enfin, celle des présidents de région est la plus forte : plus du tiers des régions (31,6 %) est désormais présidé par une femme, alors que ce n’était le cas que de 18,8 % en 2015.

En fait, « plus on s’éloigne de la fonction de président, plus les fonctions exécutives sont occupées par des femmes », constate la DGCL. Et les dernières élections locales n’ont pas changé la donne !

Les femmes plus souvent à la tête de petites communes

Avant comme après les dernières élections municipales, les femmes dirigent plus souvent les petites communes que les grandes. Ainsi, en 2021, 22,4 % des maires des communes de moins de 100 habitants sont des femmes, contre 18,8 % dans les communes de plus de 1 000 habitants. Les très grandes villes font toutefois exception. Elles se distinguent des autres communes urbaines : parmi les 42 communes de plus de 100 000 habitants, on recense désormais 11 maires femmes, soit 26,2 %, contre 7 avant les élections de 2020 (16,7 %). L’étude ne retrouve pas cette tendance pour les départements ou pour les régions. Les femmes ne sont pas plus souvent présidentes des plus petits départements ou des plus petites régions. C’était déjà le cas avant les scrutins de 2021.

Plus de femmes parmi les jeunes élus

Autre constat de l’étude : plus les élus sont jeunes, plus il y a de femmes. Ainsi, 51 % des conseillers régionaux de 18 à 40 ans sont des femmes, contre 32 % de ceux de 70 ans ou plus. Les dernières élections départementales et régionales ont surtout renforcé la proportion de femmes parmi les élus les plus âgés : avant 2021, cette proportion était ainsi de l’ordre de 20 %, contre plus de 30 % désormais. Ce phénomène est moins vrai pour les dernières élections municipales.

Moins d’élus jeunes que dans la population

Au 1er janvier 2021, la population française de plus de 18 ans est répartie en trois tiers équivalents entre les personnes de 18 à 40 ans, de 40 à 60 ans et de 60 ans ou plus. Ce n’est pas le cas pour les élus locaux. Ainsi, la part des élus de moins de 40 ans est très inférieure à celle de la population (de 18 ans ou plus) : entre seulement 7 % (des conseillers communautaires) et 18 % (pour les conseillers régionaux ou municipaux). Entre 1995 et 2015, cette proportion de jeunes élus avait augmenté pour les conseillers régionaux. La progression était plus récente pour les conseillers départementaux. Les dernières élections départementales et régionales (2021) ont, au contraire, vu la part des jeunes élus régresser ! En revanche, elle est stable dans les conseils municipaux (18 % au lendemain des deux dernières élections) et communautaires (7 % en 2014 comme en 2021).

 

* Source : La part des femmes parmi les élus locaux augmente, celle des jeunes diminue, BIS de la DGCL n° 157, août 2021

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