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Congé paternité ne veut pas dire implication à la maison, selon une étude

Publié le 7 mars 2022 à 13h45 - par

La prise du congé paternité ne garantit pas une meilleure répartition des tâches familiales et reste encore largement tributaire des caractéristiques professionnelles, selon une étude du Centre d’études et de recherches sur les qualifications (Cereq) qui vient de paraître.

Congé paternité ne veut pas dire implication à la maison, selon une étude

À quelques jours de la Journée internationale des droits des femmes, le 8 mars, le Cereq a publié une enquête sur le recours au congé paternité chez les jeunes devenus pères entre 2010 et 2017 (Étude Cereq Bref 419, mars 2022). Menée par Alix Sponton, chercheuse à Sciences Po Paris et à l’Ined, l’étude concerne des données antérieures à la réforme de juillet 2021, qui porte le congé à 28 jours, au lieu de 14 précédemment.

Les pères ayant pris le congé n’apparaissent que « légèrement plus impliqués dans la répartition des tâches parentales et certaines tâches domestiques en 2017 ». Il est un peu plus courant que le père prenne en charge les courses ou s’occupe des enfants, avec respectivement + 7 et + 8 points de pourcentage par rapport aux pères qui n’ont pas pris de congé (25 % et 24 % des pères en congé contre 18 % et 16 %).

En revanche, « quasiment aucune différence n’est observable concernant le ménage et la préparation des repas » (+ 1 point) avec respectivement 19 % et 26 % contre 18 % et 25 %. L’implication plus forte des pères ayant eu recours au congé « concerne d’abord les activités qui s’effectuent en dehors du domicile et celle la plus directement liée aux enfants », écrit Alix Sponton.

Elle rappelle que la littérature internationale indique que « les congés les plus propices à favoriser l’investissement des hommes dans les tâches parentales et domestiques sont ceux rémunérés, réservés aux pères, de plusieurs mois et utilisés en partie en dehors du congé de la mère ».

L’étude confirme par ailleurs les « grandes disparités » selon la situation professionnelle des pères au moment de la naissance, « l’instabilité de l’emploi et des revenus » apparaissant comme « un facteur central d’inégalités ».

Lorsqu’ils sont en CDI, la très large majorité des pères (87 %) recourent au moins partiellement au congé paternité. Seul un quart (24 %) des pères qui étaient demandeurs d’emploi indemnisés à la naissance de leur dernier enfant ont utilisé tout ou partie du congé.

Le recours au congé est plus faible aux deux extrémités salariales : il est de 67 % chez les 20 % des pères aux revenus les plus modestes (moins de 1 400 euros mensuels), atteint un pic chez ceux dont le revenu est compris entre 2 500 et 2 899 euros (98 %) et redescend à 73 % chez les 10 % des pères les mieux rémunérés (3 500 euros et plus).

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