Pêche : l’utilisation des fonds européens, « priorité des prochaines semaines »

Finances locales

La mise en œuvre des 588 millions d’euros de crédits européens alloués au secteur français de la pêche sera la « priorité des prochaines semaines », après une année 2014 « blanche », a promis mercredi 19 novembre le secrétaire d’État à la Pêche, Alain Vidalies.

« L’exercice est important car il s’agit de définir la stratégie pour la pêche française et l’aquaculture à l’horizon 2020 (…) C’est un chantier lourd, en raison d’exigences européennes élevées et en raison d’une nouvelle gouvernance à construire avec les régions », a expliqué M. Vidalies lors d’une audition par la commission des Affaires économiques de l’Assemblée nationale.

« L’objectif est que les premières opérations soient financées à la mi-2015 », a-t-il ajouté. Ces crédits sont alloués sur la période 2014-2020 au titre du Fonds européen pour les affaires maritimes et la pêche (FEAMP), instrument financier de la nouvelle politique commune de la pêche (PCP), entrée en vigueur le 1er janvier.

La nouvelle PCP vise en particulier à reconstituer les stocks de poissons fragilisés, soutenir la pêche artisanale et l’installation des jeunes pêcheurs, ainsi qu’à développer l’aquaculture.

2014 a été une année « blanche » en terme d’utilisation de cet argent car il a d’abord fallu répartir l’enveloppe entre l’État et les régions, puis entre les régions, a expliqué le secrétaire d’État. Sur les 369 millions d’euros qui seront consacrés au « développement durable » de la pêche et de l’aquaculture, 180 millions seront affectés à des mesures régionales et 154 millions à des mesures nationales, a-t-il souligné.

Pour la répartition inter-régionale, il a fallu avoir recours « à un œil extérieur », en l’occurrence le ministère, qui a fait des propositions détaillées région par région. Cette répartition « équilibrée », car « ne satisfaisant entièrement personne », sera officialisée en décembre, a indiqué M. Vidalies.

Un second comité État-Régions aura lieu le 9 décembre pour valider les grandes orientations de la stratégie.

À propos de la fixation des quotas de pêche pour 2015, qui aura lieu en décembre, M. Vidalies a indiqué qu’il n’était « pas favorable » à l’application d’une mesure de précaution qui consisterait à diminuer de manière automatique les quotas de 20 %, « notamment pour le golfe de Gascogne ». Les situations sont « très différentes selon les espèces », selon lui. L’état des stocks de poisson dans les eaux européennes « n’a cessé de s’améliorer au cours des dernières années », avec 61 % de stocks de poissons pêchés durablement dans l’Atlantique en 2013, contre 6 % en 2007, a-t-il souligné.

Sur la question du chalutage en eaux profondes, objet d’intenses critiques des écologistes, « nous avons fixé les quotas pour les espèces de poissons d’eaux profondes d’une manière raisonnable », en tenant compte des avis scientifiques, a estimé M. Vidalies. « Le droit européen continue à s’appliquer » pour cette méthode de pêche, a-t-il ajouté.
 

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