Agriculture : les régions exigent un rôle accru dans la future PAC

Finances locales

Les régions françaises ont exigé du ministre de l’Agriculture Didier Guillaume, jeudi 13 décembre à Bordeaux, de jouer un rôle accru dans la prochaine Politique agricole commune (PAC), qui se négociera à Bruxelles à partir de l’an prochain.

Dans un « livre blanc », les régions exigent une décentralisation plus approfondie du Fonds européen agricole pour le développement rural (Feader, 2e pilier de la PAC), notamment de pouvoir verser elles-mêmes ces aides, ce qui est aujourd’hui du ressort de l’État.

« Le président de la République m’a dit qu’il fallait que ce soit décentralisé, il a été très clair. J’ai confiance en sa parole », a déclaré Hervé Morin, président de Régions de France, lors d’une conférence de presse dans le cadre d’un colloque sur le rôle des régions dans la PAC, organisé à Bordeaux.

Si ce n’était pas le cas, « ce serait pour nous une ligne rouge », a-t-il ajouté. Aller « vers une recentralisation des crédits serait vécu par les régions comme un casus belli ».

Dans leurs allocutions respectives, M. Morin, qui préside aussi la région Normandie, et le président de Nouvelle-Aquitaine Alain Rousset, ont menacé l’État de mettre leur « gilet jaune » si leur demande n’était pas prise en compte. Ils ont d’ailleurs lancé quelques piques au ministère. M. Rousset a évoqué des « fake news émises au niveau de l’administration centrale » et M. Morin des « leçons de la part de la technocratie parisienne » .

« Je regrette de ne pas avoir été prévenu qu’il fallait que je mette un casque et une cuirasse », a répondu le ministre sur un ton humoristique, en affirmant qu’il n’était pas venu à Bordeaux dire oui ou non aux régions.

« L’arbitrage sur le futur rôle des régions se fera au plus haut niveau de l’État » en début d’année prochaine, a-t-il assuré.

Parmi les raisons qui font que « le ministère de l’Agriculture pense aujourd’hui qu’on ne peut pas donner tout le 2e pilier aux régions », Didier Guillaume explique qu’il n’est « pas aberrant » que l’État garde la responsabilité de la « politique globale sur le bio » puisqu’il le finance à « 99 % ».

« Ce n’est pas uniquement le fait que des fonctionnaires de l’État ne voudraient pas lâcher » des compétences ou des crédits, a-t-il souligné.

Au sujet de la future PAC (2021-2017), le nouveau ministre de l’Agriculture a réaffirmé la position française de refus d’une baisse budgétaire, qui serait « un message néfaste à la ruralité ».

Ces négociations à Bruxelles sont l’un des dossiers chauds auxquels doit s’atteler Didier Guillaume en 2019.

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