Repenser le paysage des cimetières

Funéraire

La commune peut profiter d’une démarche « zéro pesticide » pour travailler sur l’aspect végétal de son cimetière. Un guide très complet de Plante&Cité fournit de nombreux conseils et des exemples d’aménagement.

Il y a en France plus de cimetières que de communes. Variant de quelques mètres carrés à plus de cent hectares, leur surface cumulée atteint le double de la superficie de Paris. Ils se sont souvent construits sans dessin initial ni projet, au fil des emplacements concédés par la commune. À part certains cimetières très enherbés, paysagés et arborés qui s’apparentent à des parcs ou à des jardins, ces espaces sont majoritairement minéraux – près d’un sur cinq ne possède aucun arbre. Mais les communes, qui ont aujourd’hui tendance à les végétaliser, souhaitent désormais une présence végétale plus importante, révèle une enquête* menée en juin 2016 par Plante&Cité avec le concours de Villes de France, auprès de 233 communes représentant 254 cimetières.

Les cimetières font l’objet de nombreux travaux d’aménagement, en particulier à l’occasion de la création de sites cinéraires et de la reprise de concessions échues ou pour favoriser l’accessibilité, mais aussi tout simplement pour valoriser ce patrimoine architectural et funéraire. C’est alors pour la commune le moment de réduire l’apport de pesticides, et d’engager une démarche « zéro phyto ». Ce peut être l’occasion d’une remise en question profonde des pratiques de gestion et d’une réflexion 
sur le paysage du cimetière dans son ensemble, qui va au-delà des choix
 techniques d’évolution du matériel, ainsi que le précise Plante&Cité. Il faut repenser les cheminements pour faciliter l’entretien, drainer des sols humides, enherber pour ne plus avoir à désherber, planter des arbres et des vivaces… Autant d’actions qui peuvent modifier profondément le paysage du cimetière pour le faire ressembler à un jardin. Ce qui nécessite de faire appel à des professionnels du paysage : paysagiste concepteur pour dessiner le projet dans ses moindres détails et suivre la réalisation des travaux, entrepreneur paysagiste pour le réaliser, pépiniériste pour fournir des végétaux de qualité. Or, l’enquête montre que, sur les communes qui ont entrepris des travaux, seules 23 % ont travaillé avec un entrepreneur paysagiste, 18 % avec un paysagiste-concepteur et 12 % avec un pépiniériste.

Dès les premières intentions de faire évoluer le cimetière, il est donc essentiel pour la commune de se faire conseiller par ces professionnels qui peuvent non seulement lui ouvrir des perspectives auxquelles elle n’aurait pas pensé mais aussi lui éviter de commettre des erreurs. Elle peut aussi se tourner vers les conseils d’architecture, d’urbanisme et de l’environnement (CAUE), les centres permanents d’initiatives pour l’environnement (CPIE), les parcs nationaux et les parcs naturels régionaux (PNR), les fédérations régionales de défense contre les organismes nuisibles (Fredon), les animateurs de schémas d’aménagement et de gestion des eaux (Sage)…

Les collectivités trouveront également informations et conseils pour la réhabilitation écologique et paysagère des cimetières dans un guide publié récemment par Plante&Cité, illustré de divers témoignages et exemples d’initiatives.

Martine Courgnaud – Del Ry

 

Source : Recueil « Paysages et entretien des cimetières », compte-rendu d’étude, Plante&Cité, publié en 2017

  • Le cimetière de Saint-Fergeux à Besançon (Doubs) n’utilise plus de pesticides depuis 2011. Les aménagements récents créent une ambiance végétale : enherbement, paillage, plantations, réfection d’allées, remplacement de haies monospécifiques par des haies aux essences variées.
  • À Durtal (Maine-et-Loire), les eaux stagnaient en surface, rendant les allées du cimetière impraticables en cas de pluie. Avec un paysagiste-concepteur, la commune a procédé à divers aménagements : drainage de l’allée principale pour la rendre praticable en tous temps, plantation d’une allée de tilleuls et de plates-bandes fleuries, végétalisation des espaces inter-tombes, extension moins dense et plus végétale avec jardin du souvenir et cavurnes.

Posté le par Martine Courgnaud - Del Ry

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