Le ministère des Sports diffuse un guide pour répondre aux questions sur la laïcité

Laïcité

Comment gérer les irruptions de la religion dans le sport ? Loin de la polémique sur le hijab de Décathlon, la ministre des Sports Roxana Maracineanu a cherché mercredi 19 juin 2019 à dépassionner le débat, en diffusant un guide de solutions pour les acteurs de terrain, qui font souvent avec les moyens du bord.

Plusieurs situations sont exposées dans ce livret de 60 pages co-écrit par les services du ministère des Sports et l’Observatoire de la laïcité. Ainsi, le gérant d’une salle privée qui interdirait tout signe religieux sous couvert de laïcité s’expose à des poursuites pour discrimination. « Les raisons imposant le port d’une tenue adaptée devront être justifiés objectivement, en particulier pour des raisons d’hygiène et de sécurité », peut-on lire dans ce guide.

Même logique dans une piscine municipale, où les pratiquants sont des « usagers du service public », donc non soumis à la neutralité qui s’impose aux agents publics. L’interdiction du port du burkini ne peut se fonder que « sur la base de raisons objectives telles que l’hygiène et/ou la sécurité ».

En revanche, la demande d’une partie d’une équipe de faire une prière dans le vestiaire avant le match, « n’est pas acceptable ». Au-delà de l’exclusion qu’elle provoque pour les autres membres de l’équipe, « les enceintes sportives dont les vestiaires » sont très souvent des lieux gérés par les collectivités territoriales et doivent rester neutres. « En revanche, il est admissible qu’un joueur puisse faire individuellement et discrètement une prière, de façon non prosélyte, avant un match », tout comme une grande star du foot peut accompagner son entrée sur le terrain d’un signe de croix, devant un stade plein à craquer et des millions de téléspectateurs.

Jeûne, refus de serrer la main d’un arbitre – ce qui expose un capitaine à des sanctions – ou de se dénuder totalement dans les vestiaires, le guide prône « le dialogue » quand c’est possible. Les clubs et fédérations sont confrontés à ces questions depuis longtemps.

Fin février, submergé par les critiques sur les réseaux sociaux et dans le monde politique, l’enseigne de sport française Décathlon avait dû renoncer à commercialiser en France un « hijab » pour le sport, déjà vendu par l’équipementier Nike. La ministre des Sports, Roxana Maracineanu, s’était distinguée en disant vouloir « aller chercher les emmes, les mères, les jeunes filles partout où elles sont et comme elles sont » et « les encourager à la pratique du sport (…) un levier puissant d’émancipation ».

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