Roms : Martine Aubry demande à l’État de mieux respecter sa circulaire d’août 2012

Lutte contre les exclusions

La présidente de la communauté urbaine de Lille, Martine Aubry, a demandé mercredi soir un meilleur respect de l’application d’une circulaire d’août 2012 encadrant le démantèlement des bidonvilles roms et appelé l’État à la « solidarité nationale » pour accueillir ces populations.

La circulaire interministérielle du 26 août 2012 « n’a pas été totalement appliquée. Des solutions ont été trouvées, mais insuffisamment (…) » lors du démantèlement de deux campements de Roms ces dernières semaines, a estimé Mme Aubry. « L’efficacité de ces évacuations n’est pas totale. (…) Faire sortir les personnes et les mettre dans la rue, ça ne sert à rien », a-t-elle déclaré à la presse, à l’issue d’une réunion avec les maires de la métropole lilloise pour évoquer la question des Roms. Cette réunion était organisée après que des « propos insupportables », « des discours de haine, d’exclusion » ont été tenus en France ces derniers jours, et pour réaffirmer « la politique volontariste, faite d’humanité et de fermeté » de la métropole lilloise, a-t-elle insisté.

La communauté urbaine a demandé « 84 expulsions, évacuations » de campements de tziganes des pays de l’Est depuis 2010, et s’est engagée par ailleurs à « accueillir dans des conditions dignes 1 500 Roms », dans des villages d’insertion ou sur des terrains aménagés, a dit Martine Aubry. « Il y a 2 500 à 2 600 Roms dans la métropole lilloise. La République, c’est aussi la solidarité », a-t-elle expliqué, demandant à l’État une « péréquation » au niveau national.

« Ce qui a été décidé avec les élus, c’est que lors d’une prochaine réunion, nous souhaiterions pouvoir ensemble voter une motion adressée au Premier ministre pour dire que l’agglomération de Lille a tenu ses engagements, il faut aujourd’hui que l’État prenne toutes ses responsabilités dans l’esprit de cette circulaire pour s’occuper de ces familles qui, au-delà de ces 1 500, restent dans des campements illicites », a ajouté Michel-François Delannoy, premier vice-président de la communauté urbaine de Lille.

« Je crois que l’ensemble des maires ont voulu marquer ce problème et prendre une position commune. (…) Il y a une volonté de l’ensemble des maires de trouver une dimension humaine mais de fermeté pour l’ensemble des problèmes que nous avons actuellement. C’est le début d’un travail commun », a réagi auprès de l’AFP le maire (UDI) de Wasquehal, Gérard Vignoble, qui avait alerté mi-septembre l’Élysée, inquiet du « climat généré (…) épouvantable et dangereux » dans la métropole lilloise.
 

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