La CNSA va financer 13 missions d’étude en Europe

Personnes handicapées

La CNSA veut améliorer les connaissances sur les pratiques d’accompagnement des personnes en situation de handicap et de perte d’autonomie mises en place par nos voisins européens.

À l’issue d’un appel à projets thématique intitulé « Et nos voisins européens, comment font-ils ? », lancé en mars, la Caisse nationale de solidarité pour l’autonomie (CNSA) vient de sélectionner 13 missions d’étude et d’observation chez nos voisins européens.

Objectif : « identifier des pratiques inspirantes d’accompagnement des personnes en situation de handicap ou de perte d’autonomie ». Les voyages se dérouleront dans les 12 prochains mois. Au total, la subvention de la CNSA s’élève à plus de 375 000 euros.

À travers cette initiative, la CNSA veut améliorer les connaissances sur les pratiques d’accompagnement des personnes en situation de handicap et de perte d’autonomie mises en place par nos voisins européens, questionner nos pratiques nationales et identifier des pratiques inspirantes pouvant être transférées en France. La Caisse a retenu 13 des 20 projets reçus :

  • 3 portent sur l’accompagnement des personnes polyhandicapées,
  • 4 sur l’accès et le maintien dans le logement des personnes ayant des troubles psychiques,
  • 1 sur le bien-être et la qualité de vie des personnes âgées dépendantes vivant en établissement,
  • 5 sur les organisations territoriales pour le maintien à domicile de personnes très dépendantes.

Les porteurs envisagent d’étudier des dispositifs situés dans 13 pays d’Europe, chaque mission portant généralement sur plusieurs pays :

  • 9 équipes se rendront en Belgique, en Suisse, en Allemagne ou aux Pays-Bas,
  • 8 en Italie, en Espagne ou en Grèce,
  • 6 en Suède, au Danemark, en Finlande ou en Norvège,
  • 1 équipe ira au Royaume-Uni et une en Pologne.

Présentation des projets sélectionnés par la CNSA

L’accompagnement des personnes polyhandicapées

Alors que l’AP-HP vise les modalités globales de prise en charge et le parcours de santé des personnes polyhandicapées, l’Institut Catholique de Lille s’intéresse spécifiquement à la question de la poursuite des apprentissages à l’âge adulte et, plus précisément, aux outils et pratiques favorisant le développement des capacités motrices et de communication chez les adultes polyhandicapés. De son côté, le Centre national de ressources handicaps rares Robert Laplane s’intéresse à une population particulière : les personnes atteintes de troubles de la surdité et de troubles complexes du langage avec handicaps associés. Il explorera les approches pédagogiques relatives aux démarches de communication améliorée et alternative et les dispositifs de formation correspondants pour les professionnels et les aidants familiaux.

L’accès et le maintien dans le logement des personnes ayant des troubles psychiques

Deux porteurs observeront, de façon globale, les dispositifs d’accès et de maintien dans le logement des personnes en situation de handicap psychique : le Groupement de coopération sanitaire pour la recherche et la formation en santé mentale et le Centre hospitalier Esquirol, même si ce dernier se concentre sur la question des pratiques professionnelles et de bénévolat dans des dispositifs alliant pluridisciplinarité, décloisonnement et alliance thérapeutique. L’association Soliha Provence étudiera, quant à elle, les dispositifs d’accueil et de résolution de crises psychiques pour des personnes sans-abri ou en voie de l’être. Enfin, ADEFO souhaite étudier et expérimenter des démarches, pratiques et outils d’auto-évaluation favorisant l’implication des personnes dans leur projet de logement.

Les organisations territoriales pour le maintien à domicile de personnes très dépendantes

Trois missions d’étude concernent les organisations territoriales qui favorisent le maintien à domicile des personnes âgées très dépendantes :

  • Le département du Haut-Rhin s’intéresse aux pratiques de coordination des acteurs et des ressources, avec une réflexion particulière sur le territoire pertinent pour une telle organisation et sur l’appropriation des outils numériques par les professionnels et par les usagers.
  • L’Institut Catholique de Lille axe son observation sur les organisations prenant en compte les libertés fondamentales des personnes âgées les plus dépendantes et favorisant leur insertion sociale. Il cherchera à comprendre comment ces dimensions s’articulent aux autres logiques de la prise en charge (qualité des soins, sécurisation, efficacité…).
  • Le département des Pyrénées-Atlantiques traitera la question de l’accompagnement à domicile des personnes âgées en fin de vie.

Les deux autres missions s’intéressent aux personnes très dépendantes, qu’elles soient âgées ou handicapées. À savoir :

  • Le Pôle services à la personne PACA étudiera les modes de coopération et les organisations internes favorisant l’adaptation de l’accompagnement et des services aux personnes très dépendantes.
  • Familles solidaires s’intéressera aux services à mobiliser pour des personnes très dépendantes vivant dans des formules d’habitat partagé et accompagné : contenu des accompagnements, organisation des coopérations.

Bien-être et qualité de vie des personnes âgées en perte d’autonomie en établissement

Le Centre hospitalier universitaire (CHU) de Clermont-Ferrand souhaite étudier les pratiques de médiation animale pour proposer une amélioration et une harmonisation des outils et pratiques en cours en France.

Ces missions d’étude présentent la particularité de réunir des professionnels et des chercheurs. Dans certains cas, l’équipe associe aussi des financeurs – conseils départementaux ou agences régionales de santé (ARS) -, des représentants d’usagers ou de familles. Les usagers sont parfois co-constructeurs de la mission d’étude, à parts égales avec les autres participants. Par exemple sur le thème du logement des personnes en situation de handicap psychique.

D’ici un an, la CNSA organisera un séminaire de restitution pour « échanger sur les enseignements tirés sur les différentes thématiques et confirmer l’intérêt des missions d’étude pour transformer les pratiques ». La Caisse diffusera les synthèses et les rapports sur son site internet. Plusieurs porteurs envisagent également de diffuser leurs conclusions dans leur réseau ou via des publications scientifiques, voire d’organiser des formations en direction des professionnels concernés.

 

Pour en savoir plus : « 13 missions d’étude retenues pour s’inspirer des pratiques européennes d’accompagnement des personnes handicapées ou âgées », CNSA, 26 octobre 2017

Posté le par Rédaction Weka

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