Les associations contestent le nouveau formulaire MDPH

Publié aujourd'hui à 14h50 - par

Le Collectif Handicaps exige l’arrêt immédiat de l’expérimentation du formulaire simplifié de demande MDPH.

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© Par Bilal Ulker - stock.adobe.com

« Un formulaire MDPH plus simple, plus court, plus clair », qui devait être expérimenté à l’automne 2025, puis déployé progressivement. C’était l’une des 18 mesures pour « simplifier concrètement » la vie des personnes en situation de handicap annoncées le 10 juillet 2025 par l’ancienne ministre déléguée chargée de l’Autonomie et du Handicap, Charlotte Parmentier-Lecocq. Finalement, l’expérimentation a débuté le 1er mars 2026 dans cinq départements. Mais, derrière le formulaire simplifié de demande MDPH « se cache un réel danger pour les droits des personnes handicapées », s’inquiète le Collectif Handicaps.

Les critiques du Collectif Handicaps sur l’évaluation des besoins

Selon les 54 associations membres du collectif, la seule volonté du gouvernement est de réduire le nombre de pages du dossier. En conséquence, « il en oublie la mission principale du formulaire de demande : donner aux équipes des MDPH toutes les informations essentielles à l’évaluation multidimensionnelle et globale des besoins des personnes. » L’accès effectif des personnes handicapées à leurs droits « en sera donc entravé », dénonce le Collectif Handicaps. Ses membres contestent plusieurs points du nouveau formulaire :

  • En raccourcissant drastiquement des sections indispensables pour l’expression des retentissements du handicap sur le quotidien des personnes, celui-ci ne permettra pas de définir des plans de compensation adaptés à leur réalité de vie.
  • En redonnant une place centrale au certificat médical, il revient à une approche médicalisée du handicap, contraire à l’esprit de la loi de 2005 et de la CDPH.
  • En ne prévoyant aucune guidance pour le remplissage des différentes rubriques, il aggrave les inégalités entre les personnes, selon qu’elles soient initiées, accompagnées ou non.
  • En accumulant erreurs juridiques, imprécisions rédactionnelles et informations réduites, il induit en erreur des personnes qui ne penseront pas à demander telle ou telle aide.

L’alerte sur le calendrier de généralisation et l’absence de concertation

En l’état, le formulaire pose trop de questions pour être expérimenté, affirme le Collectif Handicaps. « D’autant plus que l’expérimentation ressemble à un leurre : la généralisation du formulaire étant déjà annoncée pour septembre, quel recul aura-t-on pour en évaluer les conséquences sur les droits ouverts ? » Fin février 2026, le Collectif a donc demandé à la nouvelle ministre déléguée chargée de l’Autonomie et des Personnes handicapées, Camille Galliard-Minier, d’arrêter immédiatement la diffusion de ce formulaire, d’annuler l’expérimentation prévue à compter du 1er mars et d’ouvrir une véritable concertation avec toutes les parties prenantes, y compris les associations. « L’allègement du formulaire n’est pas la solution miracle pour améliorer l’accueil, l’accompagnement et l’accès aux droits pour toutes les personnes handicapées, quel que soit leur handicap ! », insistent les associations.