Les bénéficiaires de minima sociaux handicapés vivent souvent dans la pauvreté

Personnes handicapées

Une récente étude montre les conditions de vie dégradées des personnes en situation de handicap bénéficiaires de minima sociaux.

Fin 2018, 1 million de bénéficiaires de minima sociaux étaient des personnes handicapées, au sens de l’indicateur GALI (Global activity limitation indicator ou indicateur de restriction globale d’activité), selon une récente étude de la Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (Drees) du ministère des Solidarités et de la Santé (Études & Résultats n° 1203, septembre 2021). Les personnes en situation de handicap représentaient alors plus d’un quart (28 %) des bénéficiaires de minima sociaux. Et cette proportion s’élève avec l’âge. Sans surprise, les bénéficiaires de minima sociaux handicapés perçoivent le plus souvent l’allocation aux adultes handicapés (AAH). Mais, les personnes en situation de handicap représentent également 39 % des bénéficiaires du minimum vieillesse, 21 % de ceux percevant le revenu de solidarité active (RSA) et 16 % de l’allocation de solidarité spécifique (ASS).

Selon l’étude, les bénéficiaires de minima sociaux handicapés connaissent, en moyenne, des conditions de vie dégradées par rapport, à la fois, aux personnes handicapées dans la population générale et aux bénéficiaires de minima sociaux qui ne sont pas en situation de handicap. Ils sont plus nombreux à être exposés à la pauvreté en conditions de vie, le plus souvent à des restrictions de consommation. Leur état de santé se révèle moins bon et leurs relations sociales moins intenses.

Si dans la population générale, les personnes handicapées sont plus souvent exposées à la pauvreté que les autres (21 % contre 10 %), elles le sont donc encore davantage quand elles perçoivent un minima social : 64 % ! La pauvreté n’affecte pas les bénéficiaires dans les mêmes proportions selon la prestation perçue. Ainsi, les bénéficiaires de l’AAH ou du minimum vieillesse sont moins touchés. Explication : les montants de ces allocations sont plus élevés que ceux des autres minima sociaux. Quoi qu’il en soit, parmi les bénéficiaires de minima sociaux, les personnes handicapées sont davantage contraintes à des restrictions de consommation (69 %) que leurs homologues non handicapés (61 %). Résultat : plus de huit bénéficiaires handicapés sur dix rapportent, par exemple, ne pas avoir les moyens de remplacer des meubles hors d’usage ou de se payer une semaine de vacances par an. Par ailleurs, plus des deux tiers (68 %) des personnes handicapées bénéficiaires de minima sociaux se perçoivent en mauvaise ou très mauvaise santé. Près d’une sur cinq (18 %) déclare avoir dû renoncer à une consultation chez le médecin pour des raisons financières et un tiers à des soins dentaires.

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