Coronavirus : les CAF verseront une aide aux crèches, le secteur privé demande plus

Petite enfance

La Caisse nationale d’allocations familiales (Cnaf) a décidé mardi 17 mars 2020 de verser une aide financière « exceptionnelle » à la plupart des crèches, fermées par décision des pouvoirs publics pour enrayer la propagation de l’épidémie, mais cet effort a été jugé insuffisant par les entreprises privées du secteur.

Les quelques 12 500 crèches financées par la Cnaf par la « prestation unique de service » – ce qui exclut les micro-crèches, représentant environ 10 % des places en France – recevront 27 euros par place fermée et par jour pour les crèches publiques et 17 euros par place et par jour pour les établissements privés, a détaillé la Cnaf dans un communiqué.

Cette aide viendra en complément de l’indemnisation au titre de l’activité partielle, versée pour compenser les salaires des employés contraints à l’inactivité.

Dans un communiqué, la Fédération française des entreprises de crèches (FFEC) s’est « étonnée » de ces montants jugés insuffisants et a donc appelé « les pouvoirs publics à revoir rapidement le dispositif ».

Le coût d’une place en crèche, hors masse salariale, est d’environ 32,20 euros par jour, a expliqué la FFEC. En soustrayant l’aide décidée mardi par les caisses d’allocations familiales, le secteur privé aura donc un reste à charge de 15,20 euros par jour et par place, a-t-elle calculé.

« Ces 17 euros qu’on nous octroie, c’est d’autant plus étonnant que la Cnaf avait de toute façon budgété 28 euros par jour et par place, qui nous auraient été versés si les crèches n’avaient pas dû fermer », a expliqué à l’AFP Elsa Hervy, la déléguée générale de la FFEC.

Quant aux micro-crèches (accueillant moins de dix enfants), elles ne sont pour l’heure pas concernées par l’effort consenti mardi par la Cnaf, car financées par un dispositif différent.

Durant la crise épidémique, les pouvoirs publics les ont autorisées à rester ouvertes. Mais un certain nombre d’entre elles ont choisi de garder portes closes malgré tout, soit pour préserver la santé des enfants, soit parce qu’elles n’avaient plus assez de professionnels pour fonctionner normalement, soit encore parce qu’un certain nombre de parents voulaient de toute façon garder leurs enfants à la maison et que l’activité de la structure n’était donc plus viable.

Pour ces établissements, là aussi, le reste à charge sera important. « Il nous semble logique que la Cnaf fasse aussi un geste envers ces structures », a souligné Mme Hervy.

Pour les gros comme pour les petits établissements, « le gouvernement doit nous aider, sinon le risque, pour beaucoup de crèches, c’est la faillite », a-t-elle ajouté.

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