La Cnaf s’inquiète de la hausse du coût de création des crèches

Petite enfance

La Caisse nationale des allocations familiales (Cnaf) s’est inquiétée mardi 9 septembre de la forte hausse du coût d’une place en crèche, qui a presque doublé en dix ans, pouvant représenter un frein pour les communes et menacer l’objectif de 100 000 nouvelles places d’ici 2017.

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Entre 2000 et 2013, le coût d’investissement dans un berceau est passé de 18 000 euros à 34 000 euros, a souligné le directeur général de la Cnaf, Daniel Lenoir, lors d’une conférence de presse. Or la participation de la Caisse n’a pas augmenté autant, passant sur la période de 6 600 euros à 8 800 euros. La différence doit être financée par les collectivités locales. Mais leur situation financière est souvent dégradée et la Cnaf redoute qu’elles ne soient pas allantes pour investir dans ces places en crèches, devenues si chères.

« On se pose la question d’augmenter ou non notre participation », a souligné Daniel Lenoir, précisant que la Cnaf allait d’abord lancer une étude pour connaître les raisons précises de cette évolution des prix. Reste que l’objectif affiché en 2013 de créer 100 000 nouvelles places en crèches d’ici 2017 pourrait être menacé par cette réalité.

Sur la première année de sa convention d’objectif et de gestion (COG), qui court de 2013 à 2017, la Cnaf n’a en tout cas pas dépensé tous les crédits dévolus au financement de la petite enfance. En effet, 6 000 créations de places nouvelles ont été décidées, contre 11 000 prévues. Conséquence : 243 millions d’euros non dépensés vont être récupérés par l’État. La Cnaf explique cette « sous-exécution » par des raisons conjoncturelles, les communes ne s’étant pas engagées avant les élections, mais peut-être aussi par des causes plus structurelles.

« Le retard pris pourra-t-il être rattrapé ? », s’interroge Jean-Louis Deroussen, le président du Conseil d’administration de la Cnaf, tout en assurant que l’objectif reste « 100 000 places créées ». Mais « nous restons tributaires du libre choix des communes », a-t-il ajouté.

Le président de la Cnaf s’inquiète d’ores et déjà que le gouvernement rogne de nouveau sur les crédits de la Caisse, si les objectifs prévus n’étaient pas atteints, avec un manque à gagner potentiel de 1,4 milliard d’euros sur cinq ans.
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