Déserts médicaux : consultés par le gouvernement, les médecins libéraux détaillent leurs pistes

Santé

Indemnités de logement pour les internes, places en crèche pour les enfants… Le premier syndicat de médecins libéraux, la CSMF, a détaillé, le jeudi 20 juillet, ses pistes pour lutter contre les déserts médicaux, en prévision du plan promis pour septembre par le gouvernement.

« Il faut que tout le monde se retrousse les manches », a prévenu lors d’un point de presse le président du syndicat, Jean-Paul Ortiz, attendu vendredi 21 juillet au ministère de la Santé et à l’Élysée dans le cadre des « concertations » lancées par le gouvernement.

Le temps de « monsieur Bovary », le médecin de campagne campé par Flaubert, est révolu et les jeunes médecins ne s’établiront plus « au pied de chaque clocher de France », a-t-il affirmé, saluant le refus de la ministre de la Santé, Agnès Buzyn, de toucher à la liberté d’installation.

D’autres solutions existent pour combler le manque de praticiens dans certaines zones, notamment en matière de formation, plaide la CSMF.

Il importe d’abord, selon elle, de développer les stages dans les cabinets libéraux, de rendre obligatoires dès les premières années d’études et d’assurer pendant l’internat « au moins 12 mois » de stage en ville en médecine générale et au moins six mois pour les autres spécialités. Il faudrait parallèlement encourager les libéraux à s’engager comme maîtres de stage en améliorant la rémunération perçue, suggère M. Ortiz.

Par ailleurs, un stage exercé en dehors du lieu d’études du futur médecin « ne doit rien » lui coûter, selon la CSMF, qui plébiscite des indemnités pour le logement et les frais de déplacement, « voire » des logements gratuits.

Les collectivités doivent également faciliter l’installation de la famille du médecin dans les  déserts médicaux, en aidant le conjoint à trouver un travail ou en plaçant ses enfants en crèche, par exemple.

Autres préconisations : le développement de l’exercice mixte (salarié et libéral), du salariat entre médecins, du cumul emploi-retraite ou encore de la délégation de tâches entre professionnels.

Le déploiement de la télémédecine, qui doit faire l’objet de négociations avec l’Assurance maladie, sera essentiel, estime M. Ortiz. Mais les actes devront être rémunérés selon la « grille tarifaire habituelle » et les médecins « accompagnés » en matière d’équipement.

Il s’oppose en revanche à l’augmentation du numerus clausus (nombre d’étudiants admis en seconde année de médecine) étudiée par le gouvernement.

La plupart de ses propositions sont très proches de celles de la FMF, un autre syndicat représentatif, détaillées mercredi 19 juillet dans un communiqué, comme un stage obligatoire d’un an en libéral pour tous les étudiants ou un salaire doublé pour les stages effectués loin de la faculté. « Qu’on nous écoute enfin ! », plaide le président de la FMF, Jean-Paul Hamon.

Mardi 18 juillet, devant la commission des Affaires sociales de l’Assemblée, Mme Buzyn a assuré que son plan « essaierait de lever tous les blocages administratifs » gênant les exercices mixtes ou la délégation de tâches et disposerait d’un « budget dédié » dans le prochain budget de la Sécurité sociale.

Le gouvernement table aussi sur le doublement des maisons de santé d’ici à 2022.

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Posté le par Rédaction Weka

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