Deux syndicats de médecins réclament une consultation généraliste à 31 euros

Santé

Deux syndicats de médecins, qui appellent depuis le 5 janvier à une grève administrative, réclament que la consultation des généralistes passe de 23 à 31 euros, a indiqué l’un d’eux mardi 13 janvier.

La ministre de la Santé Marisol Touraine a rappelé à plusieurs reprises aux syndicats de médecins opposés à son projet de loi Santé et qui demandent une augmentation de la consultation à 25 euros, que les médecins touchaient en réalité plus que les 23 euros de la consultation. Entre le forfait de 5 euros pour le suivi des patients de plus de 80 ans, celui accordé au médecin traitant, la rémunération du travail en équipe ou celle sur objectif de santé publique, le tarif de la consultation des généralistes atteint, selon Marisol Touraine, « 31,40 euros, contre 28,70 euros » avant son arrivée au gouvernement en 2012. L’Unof-CSMF, syndicat de généralistes, a dit vouloir mardi prendre « la ministre au mot ».

« Si en réponse à la demande de revalorisation » de la consultation, « on nous oppose le montant des forfaits, alors on dit arrêtons les forfaits et passons à la consultation à 31 euros », a déclaré à la presse Luc Duquesnel, président de l’Unof. « Il faut arrêter de prendre les médecins pour des imbéciles », a-t-il lancé, la rémunération sur objectif de santé publique, introduite en 2012 en complément du traditionnel paiement à l’acte des médecins, « n’est pas une revalorisation » de la consultation, « c’est une surcharge administrative » et cela permet à l’administration de « surveiller nos patientèles », selon lui.

Le syndicat des médecins libéraux (SML) a dit aussi « chiche ». Il milite pour la suppression de « tous les forfaits et la rémunération sur objectif de santé publique », un dispositif « nul » qui n’est qu’une « déclaration morale », a indiqué à l’AFP son président, Eric Henry. « On n’est pas en train d’essayer de gratter deux euros. Il faut faire comprendre aux politiques qu’on doit investir sur les médecins libéraux », plaide-t-il.

La rémunération sur objectif de santé publique vise à améliorer la prise en charge de certains malades ou les prescriptions. Elle diversifie aussi la rémunération des médecins en leur octroyant une prime, en fonction d’une vingtaine d’indicateurs de santé publique : prévention, vaccination, suivi des pathologies chroniques, recours aux génériques ou encore organisation du cabinet. Facultatif, le dispositif est largement plébiscité par les médecins, et représente une rémunération annuelle moyenne de 5 480 euros. Selon la Cour des comptes, seuls 2,8 % des médecins généralistes la refusent.

Les syndicats de médecins exigent aussi la réécriture, voire le retrait, du projet de loi Santé, que le Parlement examinera au printemps. Le tiers payant cristallise les tensions. L’Unof y est notamment opposé craignant des délais de remboursement très longs. Mardi, il a rappelé des chiffres collectés par l’Observatoire du tiers payant, piloté par des médecins, et qui recense des retards maximum de traitement pouvant aller jusqu’à 585 jours en Ille-et-Vilaine. Face aux réticences, la ministre a invité les syndicats à participer à des groupes de travail sur les points controversés de son projet de loi, dont un sur la mise en place du tiers payant généralisé. En l’état, l’Unof « n’y participera pas », pas plus que le SML.

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