La HAS appelle à reprendre d’urgence les vaccinations

Santé

La HAS insiste sur l’importance de la vaccination dans la prévention du risque infectieux, en priorité chez les nourrissons et certaines populations fragiles.

L’épidémie de Covid-19 a eu un impact considérable sur la vaccination avec une diminution importante du nombre de personnes vaccinées. Ainsi, l’étude EPI-PHARE réalisée par les autorités sanitaires évalue à 44 000 le nombre de nourrissons âgés de 3 à 18 mois qui n’ont pas reçu de vaccin contre la diphtérie, le tétanos, la poliomyélite, la coqueluche, les méningites à Haemophilus influenzae de type b et l’hépatite B. Mi-juin 2020, la Haute Autorité de santé (HAS) a donc rappelé l’importance de la vaccination dans la prévention du risque infectieux, en priorité chez les nourrissons et certaines populations fragiles. Elle encourage les professionnels de santé à saisir toute occasion de contact avec leurs patients pour vérifier et mettre à jour leur vaccination.

Dès le 1er avril 2020, la HAS a préconisé de maintenir l’ensemble des vaccinations obligatoires des nourrissons (à 2, 4, 5, 11, 12 et 16-18 mois) dans le contexte de l’épidémie, en estimant que celles recommandées au-delà de l’âge de 2 ans pouvaient être différées. Pour la Haute autorité, « il faut maintenant, sans attendre, reprendre l’ensemble des vaccinations et rassurer la population : les consultations sont organisées dans le respect des mesures barrières, afin de protéger les patients et les professionnels de santé et d’éviter la transmission du virus SARS-CoV-2 ».

Des vaccinations à rattraper d’urgence

La HAS invite, sans attendre, les personnes qui ont dû reporter leurs vaccinations ou celles de leurs enfants et nourrissons, à consulter leur médecin traitant ou leur pédiatre rapidement. En parallèle, elle demande aux professionnels de santé de vérifier systématiquement les vaccinations de leurs patients, afin de déclencher un rattrapage si nécessaire. La HAS attire l’attention sur les populations fragiles pour lesquelles des recommandations particulières figurent au calendrier vaccinal : personnes avec maladies chroniques, immunodéprimées, personnes âgées, femmes enceintes…

L’instance sanitaire recommande donc de reprendre les vaccinations sans délai et rappelle les éléments de sa recommandation de décembre 2019 sur les modalités de  mise en œuvre du rattrapage vaccinal :

  • L’allongement du délai entre deux injections ne nuit pas à la qualité de la réponse immunitaire ;
  • Il n’est pas nécessaire de reprendre dès le début un schéma vaccinal interrompu ;
  • Toutes les doses déjà administrées doivent être prises en compte et ainsi seules les doses manquantes et le premier rappel doivent être administrés ;
  • L’utilisation de vaccins combinés est à privilégier et il est possible de réaliser jusqu’à quatre injections au cours d’une même séance.

Adapter les modalités de rattrapage en cas de suspicion de Covid-19

Hors contexte de Covid-19, la règle édictée par la HAS est de ne pas reporter la vaccination d’une personne qui présente une infection mineure et/ou une fièvre de faible intensité, et de la décaler de quelques jours pour une personne ayant une infection aiguë modérée à sévère. En revanche, face à un patient avec des signes cliniques de Covid-19, un test de diagnostic par RT-PCR doit être prescrit et son résultat guider la décision de vacciner ou de reporter :

  • En cas de résultat négatif, le rattrapage vaccinal pourra débuter immédiatement ;
  • En cas de résultat positif, la reprise de la vaccination pourra débuter dès la guérison, lorsque la personne sera redevenue asymptomatique, c’est-à-dire à partir du 8e jour après le début des symptômes et au moins 48 h après disparition de la fièvre et d’une éventuelle gêne respiratoire.

En l’état actuel des connaissances, la HAS n’est pas en mesure de proposer des recommandations vaccinales pour les personnes atteintes d’une forme sévère de Covid-19 et qui présentent toujours des manifestations cliniques (en dehors d’une fatigue) ou biologiques de la maladie. Pour les personnes contacts, la Haute Autorité de santé préconise une mise en place du rattrapage vaccinal dès la fin de la durée de la quatorzaine, si aucun symptôme n’est apparu.

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