Les sages-femmes manifestent pour leurs salaires et la reconnaissance de leur métier

Santé

« Métier formidable, statut fort minable ! » : des centaines de sages-femmes ont fait grève et manifesté mardi 26 janvier 2021 partout en France pour demander une revalorisation de leur rémunération et une meilleure reconnaissance de leur profession.

Les manifestants, qui répondaient à l’appel des deux principales organisations syndicales du métier (ONSSF et UNSSF), se sont rassemblées devant des maternités ou des agences régionales de santé. En tout, une cinquantaine de rassemblements avaient été annoncés, selon les organisateurs.

« Dans certaines maternités, on a compté 100 % de grévistes » – ce qui n’a pas cependant pas eu d’impact sur l’activité médicale puisque la prise en charge des patientes était assurée -, a expliqué à l’AFP Caroline Combot, secrétaire générale de l’Organisation nationale syndicale des sages-femmes (ONSSF).

« Le métier de sage-femme attire de moins en moins. Une valorisation de notre profession est indispensable si nous voulons que les femmes françaises puissent continuer à être accompagnées et prises en charge correctement », plaide ce syndicat.

Les sages-femmes ont le sentiment d’être « systématiquement oubliées », a résumé Mme Combot : bien qu’exerçant une profession médicale, elles ont obtenu, à travers le « Ségur de la Santé », une revalorisation de 183 euros par mois, la même que celle accordée aux professions non médicales.

À Paris, les manifestantes étaient environ 80 devant le ministère de la Santé, brandissant des pancartes proclamant notamment « Sages-Femmes Méconnues, Méprisées, Oubliées ».

« On a un bac+5, (…) on a la vie de l’enfant et de la maman entre les mains, et pourtant quand on sort du diplôme, on est payées 1 700 euros », s’insurge Naïs Mottet, qui exerce dans une clinique privée.

« Est-ce que c’est parce qu’on est majoritairement des femmes au service des femmes qu’on est rendues invisibles à ce point ? », s’interroge-t-elle.

À Strasbourg, les sages-femmes étaient une quarantaine devant les locaux de l’ARS, la plupart en blouse.

« J’ai pleuré il y a 15 jours d’avoir maltraité une patiente. J’avais une charge de travail de dingue », raconte Catherine Ngo, sage-femme hospitalière à Mulhouse depuis 20 ans.

« Nous sommes toujours oubliées. Nous n’avons jamais eu un niveau de salaire correspondant à notre niveau de compétences et de responsabilité », regrette pour sa part Justine Schoeffel, qui exerce à Haguenau (Bas-Rhin) en milieu hospitalier.

Masque rouge sur le visage, une cinquantaine de sages-femmes ont également manifesté à Besançon pour dénoncer « l’invisibilité » de leur métier. Parmi leurs slogans : « Quand vous êtes nés, on vous a pas laissé tomber », ou « Laissez-nous donner la vie correctement ».

« Depuis des années nous avons des difficultés à faire reconnaître notre statut », constate Sirima-Lorine Scalabrino, sage-femme hospitalière à Besançon. « Mais nous avons mesuré après le Ségur de la santé à quel point les sages-femmes sont totalement oubliées », regrette cette professionnelle.

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