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Pour la FHF, le Forfait patients urgences (FPU) ne répond pas à l’essentiel

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Le Forfait patients urgences  (FPU) ne résout pas les problèmes de recouvrement déjà rencontrés par les hôpitaux publics pour les restes à charge aux urgences, selon la Fédération Hospitalière de France (FHF).

Pour la FHF, le Forfait patients urgences (FPU) ne répond pas à l'essentiel

Si l’entrée en vigueur du Forfait patients urgences (FPU), le 1er janvier 2022, constitue « un effort louable pour simplifier et rendre plus lisible le reste à charge », la Fédération hospitalière de France (FHF) regrette qu’une réforme plus globale n’ait pas été conduite, afin d’aller vers le reste à charge zéro pour les patients s’inscrivant dans le Service d’accès aux soins (SAS). La mise en place d’un forfait unique de reste à charge sur les passages aux urgences non suivis d’hospitalisations (accompagné d’exonérations et d’un tarif réduit pour certaines situations) apporte « un début de réponse intéressant » à la complexité des règles de facturation, reconnaît volontiers la Fédération. Cependant, le FPU « est condamné à passer à côté de son objectif s’il ne s’accompagne pas rapidement d’une réforme plus globale du fonctionnement des urgences hospitalières », estime la FHF.

Et ce, pour deux raisons. Un, dans le contexte actuel, « le FPU ne résout pas les problèmes de recouvrement déjà rencontrés par les hôpitaux publics pour les restes à charge aux urgences », notamment pour les patients arrivant sans leurs papiers, couverture sociale et/ou moyens de paiement. Deux, en l’état, le FPU ne règlera pas le problème de l’engorgement des urgences hospitalières prévient la FHF : « forfait unique ou non, les patients continueront de se rendre aux urgences en l’absence d’alternative. » Pour la Fédération, une seule solution permettrait de répondre à cet enjeu efficacement et équitablement, sans pénaliser les patients les plus précaires : l’institution d’un reste à charge zéro pour les patients s’inscrivant dans le parcours de soins du service d’accès aux soins (SAS).

Le SAS consiste en une régulation médicale téléphonique (aide médicale urgente et de médecine générale), qui doit permettre la bonne orientation du patient dans le système de soins, et d’avoir accès à un rendez-vous en ville en cas de besoin, plutôt que de se rendre aux urgences hospitalières, explique la FHF. Selon elle, « le SAS est la garantie d’une prise en charge adaptée, efficace et efficiente. » Un tel dispositif permettrait de « transformer une mesure comptable en véritable réforme de santé publique » : mieux orienter les patients en fonction de leurs situations et conserver le reste à charge uniquement comme levier de désincitation pour les patients qui ne s’inscriraient pas dans un parcours de soins coordonné.

« C’est une bonne chose de vouloir simplifier le système de facturation ; reste maintenant à aller plus loin, vers une vraie réforme de santé publique, a déclaré le président de la FHF, Frédéric Valletoux, le 5 janvier 2022. Le reste à charge zéro pour les patients respectant les parcours de soins (SAS) est la seule mesure qui puisse permettre de désengorger les urgences tout en alliant efficacité financière et justice sociale. »