L’Académie de médecine pour un déconfinement par région

Sécurité

L’Académie nationale de médecine prône un futur déconfinement par région, avec de strictes restrictions sur les déplacements et le maintien de mesures de « distanciation sociale », dans une recommandation reçue mardi 7 avril 2020.

Elle recommande ainsi que « la sortie du confinement soit décidée sur la base de la région et non par classe d’âge et que cette sortie ne soit autorisée que dans les régions dans lesquelles une décroissance nette du nombre des patients Covid-19 devant être hospitalisés et un retour des besoins de réanimation à l’état pré-épidémique sont observés ».

L’Académie souhaite que les habitants d’une région en déconfinement « ne soient pas autorisés à se rendre dans une région encore en situation de confinement » et prône « le maintien de l’interdiction des rassemblements (sauf cas exceptionnels…), le maintien des mesures barrières sanitaires, mais aussi leur renforcement par le port obligatoire d’un masque grand public anti-projection, fût-il de fabrication artisanale, dans l’espace public ».

L’Académie avait déjà publié vendredi 3 avril 2020 une recommandation spécifique sur ce dernier point, souhaitant que le port d’un masque « grand public » ou « alternatif » aux masques médicaux, en pleine pénurie, soit rendu obligatoire pour les sorties pendant la période de confinement et lors de sa levée, jusqu’à la fin d’une période de 14 jours sans nouveau cas.

L’adoption de ces principes pour une sortie du confinement devrait selon cette instance permettre qu’elle « se fasse dans les meilleures conditions de prise en charge des cas graves dans les établissements de santé, de limitation de la propagation du virus, de reprise d’activités professionnelles et de compréhension par le public ».

Concernant les tests, l’Académie souhaite que « la décision sur la sortie du confinement ne soit pas fondée sur les résultats de tests biologiques individuels, dont la disponibilité et la fiabilité n’apparaissent pas assurées à brève échéance », mais que « les études de sérologie, qui doivent permettre de dire si quelqu’un a eu le Covid-19, à visée épidémiologique en population générale soient déclenchées au plus vite dans tout le pays sur une base régionale, en vue d’apprécier le risque de survenue d’une deuxième vague épidémique ».

Le confinement général de la population est pour l’instant en vigueur jusqu’au 15 avril 2020, mais devrait être prolongé. Le Premier ministre Édouard Philippe a évoqué différentes possibilités d’une future sortie de la mesure, notamment par régions ou tranches d’âge.

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