Le Sénat mène une enquête sur la prévention de la radicalisation auprès des maires

Sécurité

Le Sénat a lancé une enquête en ligne auprès des élus locaux pour mieux appréhender l’action des communes en matière de prévention de la radicalisation. Date limite de réponse : 25 novembre.

Cela fait plusieurs années que les collectivités s’engagent dans des actions de prévention de la délinquance, notamment au travers des CLSPD (conseils locaux de sécurité et de prévention de la délinquance). Désormais – conséquence des récents attentats -, l’État leur demande de combattre également la radicalisation. Or, « si tous les élus locaux sont soucieux de cette question, si tous sont solidaires des politiques menées pour protéger nos concitoyens, nombreux sont ceux qui s’interrogent sur le rôle précis que leur collectivité peut jouer en la matière et sur ses limites », précise le Sénat, qui mène une consultation jusqu’au 25 novembre.

Objectifs : mieux appréhender la perception que les élus ont de la radicalisation et des actions nécessaires, apprécier la nature et la qualité du travail partenarial engagé avec l’État et identifier et d’éventuelles bonnes pratiques en la matière. Les maires ont exprimé leurs inquiétudes face à la radicalisation islamiste lors de leur rassemblement du 18 novembre.

Dans le questionnaire, ils sont interrogés sur leur perception de la radicalisation islamiste et sur les conséquences qu’elle entraîne sur leur territoire : propos extrémistes, apparence vestimentaire, rupture avec l’environnement ou à l’école, pratique religieuse ostentatoire, comportement à l’encontre des femmes ou de fidèles d’autres religions… Ils doivent exposer leur degré de connaissance du phénomène, les actions qu’ils ont déjà initiées, les relations avec leurs partenaires (services de l’État, conseil départemental, associations, représentants des cultes…) ou encore les signalements éventuels. Ils sont amenés également à spécifier quels moyens humains et financiers leur font défaut pour conduire leurs actions.

La consultation est orchestrée par la délégation sénatoriale aux collectivités territoriales, qui a chargé les sénateurs Jean-Marie Bockel (Haut-Rhin) et Luc Carvounas (Val-de-Marne) d’établir un rapport sur ce thème. Cette enquête viendra en appui de leurs travaux. La délégation conduit également une série d’auditions. Elle a reçu, le 10 novembre, le psychiatre – psychanalyste Serge Hefez, collaborateur du centre de prévention contre les dérives sectaires liées à l’islam à l’Assistance publique des hôpitaux de Paris (APHP). Serge Hefez reçoit, depuis deux ans, des jeunes touchés par le phénomène (en cours de radicalisation ou radicalisés, partis en Syrie et revenus…). Selon lui, les structures de lutte contre la radicalisation islamiste existent, mais il conviendrait d’améliorer la collaboration en amont de la Police, de la Justice et de la Santé.

La délégation sénatoriale aux collectivités territoriales remettra son rapport début 2017.

 

Marie Gasnier

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