Un rapport préconise de coordonner toutes les forces de police

Sécurité

Il faut repenser la sécurité, inégale sur le territoire, et coordonner l’action opérationnelle des forces de police publiques et privées, selon l’Institut Montaigne. Il convient également d’associer les citoyens à la sécurisation.

Le contexte terroriste impose de repenser la sécurité nationale. Pour cela, il faudrait coordonner de façon plus cohérente et opérationnelle les politiques publiques (défense, police, justice, éducation…) et mieux articuler l’action de l’État, des collectivités locales, et des partenaires économiques et sociaux, selon un rapport de  l’Institut Montaigne*. Car, non seulement, la sécurisation coûte cher, mais elle est très inégale selon les territoires. Pour les événements majeurs (« fan zones », festivals, Tour de France…), certaines villes se reposent de plus en plus sur leur police municipale et sur les  entreprises privées.

« Il n’est pas évident de trouver une cohérence autre que financière dans cette chaîne où chacun se décharge sur l’autre de ses responsabilités, faute de budget ou de moyens disponibles, et ce jusqu’à l’épuisement des forces », précise le rapport. Qui considère qu’il est urgent de rétablir une cohérence de l’emploi des ressources concourant à la sécurité sur l’ensemble du territoire. En effet, plus d’un million de personnes assurent la sécurité : 208 000 militaires, 240 000 policiers et gendarmes, près de 55 000 personnels civils de la défense, 58 000 réservistes, 29 000 policiers municipaux (cf. encadré), 16 000 douaniers, 247 000 pompiers, et environ 150 000 agents de sécurité privée.

Le secrétariat général de la Défense et de la Sécurité nationale devrait donc établir une doctrine d’emploi claire de ces différentes forces, afin de restaurer un niveau de sécurité acceptable et équitable sur le territoire. Il devrait notamment articuler l’action des agents de sécurité privée, des services internes de sécurité des entreprises (Areva, EDF, SNCF…) et des forces de police et de gendarmerie, mais aussi répartir les missions et les compétences sur le territoire, avec une meilleure coordination – y compris opérationnelle – entre police nationale, gendarmerie, polices municipales et entreprises de sécurité privée.

L’Institut Montaigne préconise également de faire participer les citoyens à la sécurité, « ce qui suppose qu’ils soient formés, informés et sollicités ». Ainsi, le système d’alerte et d’information des populations (SAIP), créé par le ministère de l’Intérieur en juin dernier, permet de démultiplier les messages de l’État et d’indiquer les consignes à suivre en temps réel ; il intervient en complément des moyens publics pour informer la population lors des situations de crise. L’Institut relève toutefois que le SAIP a relayé beaucoup trop tardivement l’information sur l’attentat du 14 juillet à Nice. Dès le lendemain, le ministère de l’Intérieur a donc demandé aux responsables de l’application de corriger sans délai ces dysfonctionnement.

Une application complémentaire au SAIP pourrait permettre aux citoyens de transmettre en temps réel des informations ou des images aux services de police, comme « Tell My City » qui fait remonter des informations aux services municipaux. L’opération « Voisins vigilants » fonctionne également très bien. Enfin, les réseaux sociaux doivent également être utilisés en situation d’alerte.

 

Marie Gasnier

 
* Source : Refonder la sécurité nationale, Rapport de l’Institut Montaigne, septembre 2016

 

Police municipale, quel budget ?

En 2015, le budget de fonctionnement des polices municipales s’élevait à 75 000 euros en moyenne hors personnel, soit entre quelques milliers d’euros et plusieurs centaines de milliers selon les villes (achat de tenues, fournitures, carburant…).

Les charges d’investissement sont variables : achat de véhicules, construction de bâtiments, installation de dispositifs de vidéoprotection. Le budget total, charges de personnel incluses, d’une police municipale peut atteindre moins de 100 000 euros et dépasser un million d’euros pour les villes les plus dotées (plus de 70 policiers municipaux).

La vidéoprotection occupe une part croissante dans les budgets : atteignant en moyenne 300 000 euros par an, elle représente plus des deux tiers des dépenses d’équipement consacrées à la sécurité et à la prévention de la délinquance.

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