La vidéoprotection se développe dans les villes moyennes

Sécurité

En cinq ans, les villes moyennes ont doublé le recours aux caméras, essentiellement pour protéger les biens et les personnes. Quant aux effectifs de police municipale, ils sont dédiés à la sûreté de proximité.

Depuis 2010, les villes moyennes ont largement investi dans la vidéoprotection, révèle une enquête sur la sécurité* réalisée par Villes de France auprès de quarante-huit communes de 15 000 à 100 000 habitants parmi ses adhérentes. Ainsi, une part croissante du budget de la sûreté est affecté à la surveillance par caméras : une moyenne de 300 000 euros par an en investissement, soit plus des deux tiers des dépenses d’équipement consacrées à la sécurité et à la prévention de la délinquance.

Plus de sept villes sur dix (73 %) disposent aujourd’hui de dispositifs surveillant la voie publique ; elles n’étaient qu’un peu plus d’une sur deux (55 %) il y a cinq ans. Le nombre de caméras est ainsi passé de 25 à 49,8 en moyenne. Davantage que gérer ou verbaliser les infractions de circulation, l’objectif premier de ces systèmes est de protéger les biens et les personnes. Ils sont utilisés dans l’ordre pour : prévenir les atteintes contre les agressions et le vol, protéger les bâtiments publics et leurs abords, aider à résoudre les crimes et les délits, réguler le trafic routier, et constater les infractions aux règles de la circulation — peu de villes recourent toutefois à la vidéo-verbalisation.

Selon les communes, le nombre d’agents affectés à la supervision des images est très variable, en fonction de l’utilisation du dispositif : entre un agent non placé en poste fixe et 25 agents en équivalent temps plein (ETP) pour une surveillance en direct effectuée par plusieurs caméras pendant plus de huit heures par jour. Soit une moyenne 8,25 agents – policiers municipaux, agents de surveillance de la voie publique (ASVP), agents techniques ou administratifs. Les deux tiers des villes équipées font basculer les images en temps réel vers la police nationale, tandis que les autres ont une visualisation des images en différé.

Plus généralement, la quasi-totalité (95 %) des Villes de France estime que les policiers municipaux doivent assurer une police de proximité, au contact avec la population dans tous les quartiers. L’organisation des moyens motorisés, la place prépondérante donnée au vélo (73 % ont une brigade cycliste) et  le développement de la géolocalisation montrent qu’en effet, les policiers municipaux des villes moyennes s’impliquent beaucoup sur le terrain. En tout état de cause, les maires de Villes de France restent toujours « très réservés à l’idée que leur police municipale devienne une force supplétive de la police ou de la gendarmerie nationales ».

 

Martine Courgnaud – Del Ry

 

* Source : Panorama de la police municipale des Villes de France, Villes de France, juin 2015

Posté le par

Recommander cet article

Réagissez à cet article sur le forum