Les policiers municipaux menacent l’Intérieur de descendre dans la rue à la rentrée

Sécurité

Dans un courrier au ministre Gérald Darmanin, une intersyndicale de policiers municipaux appelle le gouvernement et les employeurs territoriaux à améliorer sans délai leurs conditions de travail et de rémunération, « au-delà des discours politiques de circonstance ».

Il y a très exactement deux ans, le 9 juillet 2019, se tenait la dernière commission consultative des polices municipales (CCPM). Et c’est en vain que les policiers municipaux dont les prérogatives ne cessent de croître, exposés à des risques physiques et psychologiques extrêmement lourds, fréquemment victimes d’agressions, réclament une nouvelle réunion de cette instance qui regroupe les représentants de l’État, les élus et les représentants des policiers municipaux. Objectif : ouvrir les négociations sur leurs conditions de travail. Ultra-sollicités, ces agents dont l’engagement professionnel est sans faille que ce soit pour combattre le terrorisme ou faire respecter les consignes liées à la crise sanitaire, menacent désormais de descendre dans la rue.

Dans un courrier adressé le 5 juillet 2021 au ministre de l’Intérieur, les représentants des policiers municipaux d’une intersyndicale* estiment qu’il est « temps que le gouvernement et les employeurs territoriaux se décident enfin à améliorer leurs conditions de travail et de rémunération, au-delà des discours politiques de circonstance ». Chargé de mission Force de la sécurité publique & civile, Serge Haure exprime ainsi l’amertume des forces de l’ordre municipales : « nos organisations syndicales expriment toute la colère de leurs adhérents au mépris affiché par ce gouvernement à l’encontre des policiers municipaux et gardes champêtres, dès qu’il s’agit de reconnaître leur engagement autrement que par des médailles dans le meilleur des cas et quelques mots de remerciement, vite oubliés, le reste du temps ». Les policiers municipaux attendent des avancées significatives concernant les carrières, les salaires, les retraites et la sécurité des agents. Mais « ce gouvernement ne semble envisager le dialogue social que par le rapport de forces et la rue, dont acte », poursuit Serge Haure.

« Par nature obéissants », policiers municipaux et gardes champêtres préviennent le ministre : ils ne supporteront pas plus longtemps d’être « foulés au pied » par « les décideurs publics qui ont toujours une excellente raison de ne pas ouvrir les négociations ». Comme en 1998, lorsqu’ils avaient « arraché la sauvegarde de leur cadre d’emplois dans la rue », ils n’hésiteront pas à recommencer : « si ces légitimes revendications ne sont pas entendues dans le cadre du dialogue social et surtout suivies d’effet, ils en prendront acte et n’en doutez pas descendront dans la rue pour manifester leur fort mécontentement ».

Un rassemblement est d’ores et déjà prévu en septembre. D’ici là, les policiers municipaux se rappelleront régulièrement au bon souvenir de Gérald Darmanin : tout l’été, ils lui enverront des cartes postales préparées par les syndicats.

Marie Gasnier

* Interco CFDT, CGT, FA-FPT et Unsa Territoriaux

La France comptait près de 24 000 policiers municipaux au 1er janvier 2020.

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