À l’occasion d’un déplacement dans le Var mi-février 2026, le ministre de l’Intérieur a dévoilé son futur plan de prévention et de lutte contre les violences envers les sapeurs-pompiers. « Pour faire rapidement baisser le nombre d’agressions et pour rétablir le respect dû aux sapeurs-pompiers », dixit Laurent Nuñez, ce plan contient « 19 mesures concrètes », à mettre en œuvre d’ici le 1er juin 2026. « Nous attendons davantage d’ambition », a réagi le SNSPP-PATS en découvrant le plan. Pour le syndicat de sapeurs-pompiers professionnels, celui-ci « représente davantage un outil de communication au mépris d’une véritable démarche de prévention. »
Les 19 mesures du plan s’articulent autour de cinq axes.
Mieux connaître les menaces et vulnérabilités pesant sur les sapeurs-pompiers
Pour le ministère, il est « indispensable et impératif » que tous les services d’incendie et de secours (SIS), de l’hexagone et d’Outre-mer, disposent d’un référent sécurité et sûreté. Tous devront être désignés pour le 1er juin 2026. Autres mesures : consolider les remontées d’informations relatives aux agressions subies par les sapeurs-pompiers ; mettre à jour les protocoles départementaux de prévention et de lutte contre les agressions envers les sapeurs-pompiers (avant le 1er juin 2026) ; formaliser, sous l’égide du préfet de département, le suivi des agressions subies par les sapeurs-pompiers et des dispositions mises en place. Désormais, un point de situation hebdomadaire devra être effectué sur les agressions envers les sapeurs-pompiers et, une fois par an, l’état-major départemental de sécurité devra dresser le bilan des protocoles départementaux et des suites pénales réservées aux plaintes déposées par les sapeurs-pompiers.
Prévenir et anticiper les situations à risque
Le ministère entend développer, dans le système de gestion des appels d’urgence NexSIS 18-112, un outil de prévision des risques d’agression. Par ailleurs, afin de créer un réseau qualifié de correspondants sûreté au sein de chaque zone de défense et de sécurité, à compter de 2026, trois places seront offertes aux sapeurs-pompiers au sein de la formation « référents sûreté » organisée annuellement à l’école nationale supérieure de la police à Cannes-Ecluse. Parmi les autres mesures : formaliser le partenariat entre l’ensemble des acteurs (police et gendarmerie nationales, SIS et SAMU) dans le cadre de la prise en charge des ivresses publiques manifestes.
Être mieux préparé pour faire face à la violence
Au programme :
- développer le déploiement des caméras piétons et embarquées au sein des SIS ;
- renforcer la formation des sapeurs-pompiers aux techniques d’autoprotection, évitement, désescalade ;
- sensibiliser l’encadrement supérieur des sapeurs-pompiers aux problématiques de sûreté en intervention ;
- diffuser un guide de doctrine opérationnelle sur les dispositifs de protection de type gilet pare-lame.
Délivrer aux sapeurs-pompiers victimes un soutien sans faille
Le ministère de l’Intérieur veut améliorer, à la fois, la reconnaissance des sapeurs-pompiers agressés et blessés en intervention et les modalités de réparation des préjudices subis par les sapeurs-pompiers agressés. En particulier, le ministère juge nécessaire d’étudier, en lien direct avec les présidents de conseil d’administration des SIS, des modalités claires de réparation des préjudices subis par les sapeurs-pompiers victimes de violence au titre de la protection fonctionnelle.
Bannir toute forme d’impunité
Sur ce dernier volet, le plan comprend cinq mesures :
- mieux accompagner les sapeurs-pompiers victimes d’agressions dans les démarches à accomplir lors des dépôts de plainte ;
- renforcer la protection des sapeurs-pompiers victimes d’agression ;
- faciliter les modalités de dépôt de plainte ;
- communiquer sur les condamnations consécutives à l’agression d’un sapeur-pompier ;
- renforcer les échanges entre l’autorité judiciaire et le SIS.
