Île-de-France : déficit persistant d’espaces verts urbains de proximité

Urbanisme

L’Île-de-France connaît un « déficit persistant d’espaces verts urbains de proximité », note la Chambre régionale des comptes dans un rapport publié mardi 22 mars, qui met en avant un manque de coordination des investissements publics en la matière et préconise la fin de l’Agence des espaces verts d’Île-de-France.

Ce rapport intervient alors que la région veut réduire de 10 % le budget de ses 29 organismes associés (dont l’Agence des espaces verts), dont elle va évaluer dans un audit l’efficience et les éventuelles possibilités de fusion.

La Chambre régionale des comptes souligne qu’au moins 193 communes franciliennes (dont 18 des 20 arrondissements parisiens) connaissent « une situation de carence en offre d’espaces verts publics de proximité ».

Or, rappelle la Chambre, « les objectifs élevés de créations de logements devront s’accompagner de créations d’espaces verts », pour satisfaire aux objectifs du schéma directeur d’aménagement de la région Île-de-France (Sdrif), qui prévoit 10 m2 d’espaces verts publics par habitant.

Cet objectif nécessitera des collectivités territoriales concernées « une politique de programmation de nouveaux espaces verts accompagnant l’effort de densification à venir » et « une politique de rattrapage des déficits accumulés ».

Depuis 1976, c’est la région Île-de-France qui est chargée de définir et coordonner la politique régionale en matière d’espaces verts, et qui devrait être obligatoirement consultée sur « les programmes d’investissements des collectivités infra-régionales nécessaires à la mise en œuvre de la politique régionale ». Mais cette coordination des investissements publics « n’est actuellement pas mise en œuvre par la région », note le rapport.

Pour mettre en œuvre sa politique, la région a sous son autorité un établissement public administratif, l’Agence des espaces verts (AEV), qui compte un peu plus de 140 collaborateurs.

Au regard de sa gouvernance, des missions qu’elle accomplit et de son mode de financement, « la nécessité de l’AEV ne semble plus totalement avérée », note la Chambre, qui constate que le développement de ses acquisitions foncières s’accompagne « d’un accroissement de ses coûts de fonctionnement » et d’une « hausse de son budget » (près de 45 millions d’euros financés à plus de 75 % par la région).

La Chambre estime « utile » d’aller vers une mutualisation des fonctions support de l’agence (plus d’un quart de ses effectifs) avec les services régionaux, et considère que la région Île-de-France peut exercer sa compétence en matière d’espaces verts sans avoir besoin de recourir à un établissement public ad hoc.

 

Source : Région Île-de-France – Politique régionale des espaces verts, forêts et promenades et relations avec l’agence des espaces verts, CRC Île-de-France, 21 mars 2016

 

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