Nice teste les pavés à base de coquillages

Urbanisme

À la recherche de nouvelles solutions pour lutter contre les îlots de chaleur urbains, la métropole niçoise expérimente depuis l’été dernier un revêtement de voirie composé de coquillages.

Installés depuis près d’un an aux abords de la nouvelle ligne de tramway, ces pavés originaux couplés à un système d’irrigation souterrain, sont entrés en service l’été dernier avec pour mission de rafraîchir l’atmosphère pendant les périodes les plus chaudes.

Ces dalles sont fabriquées à base de coquilles Saint-Jacques concassées et mélangées à des granulats. Elles ont été conçues au sein des laboratoires de recherche de l’École supérieure d’ingénieurs des travaux de la construction (Esitc) de Caen-Normandie (14), car « aucun des produits disponibles sur le marché ne satisfaisait aux conditions qui nous étaient imposées. Nous recherchions un produit capable d’absorber l’eau que nous injectons et de la retenir dans le matériau avant de la restituer.

Or les propriétés naturelles de la coquille Saint-Jacques permettent la rétention d’eau », explique Pascal Robin, directeur technique chez Colas. Couplées à un système qui les humidifie, elles doivent permettre de rafraîchir l’air ambiant de 2°C environ.

Des capteurs enregistrent les mesures

Afin d’assurer un parfait suivi de cette innovation, une trentaine de capteurs sont répartis sous les pavés et sur différents mats météo à proximité des emprises.

Ces capteurs permettent de mesurer : la pression, la température et l’humidité des pavés, la température et l’humidité ambiante, la température radiante, le rayonnement solaire, ainsi que la vitesse/direction du vent. Un pluviomètre est également positionné afin de mesurer la quantité d’eau.

Les données collectées sont après envoyées régulièrement (environ toutes les quatre heures) sur un serveur dédié de la métropole grâce à un automate. Elles sont ensuite analysées pour évaluer les performances du système. Deux automates régissent le système d’irrigation et activent des solutions selon des cycles de fonctionnement programmés en amont, des paramètres de température et de l’hygrométrie mesurés localement par le biais des capteurs.

Les temps de mise en eau et différentes configurations de programmation sont testés dans le cadre de cette expérimentation ; l’objectif étant d’améliorer le confort thermique des usagers. Dans les Hauts-de-France, un nouveau chantier s’est achevé à Wimereux (62), première commune à utiliser ce procédé à grande échelle, pour la rénovation de son centre-ville. Un choix « écologique » pour celle qui a retenu ce nouveau matériau pour ses caractéristiques esthétiques et, surtout, drainantes.

Un produit innovant

Le pavé coquillage fabriqué par le groupe Alkern s’inscrit dans le mouvement de l’économie circulaire. Son secret réside dans sa composition : les granulats naturels non renouvelables sont en partie remplacés par des déchets de coquilles Saint-Jacques broyées. Le béton ainsi constitué est résistant, poreux et parfaitement adapté à un usage urbain. En blanc, il permet un réfléchissement de la lumière, donc moins de chaleur stockée au niveau des chaussées. Pour un coût de 254 000 euros les 500 m2, financé à Nice par l’établissement public d’aménagement de l’Écovallée-Plaine du Var.

Blandine Klaas

Source : RCL

Posté le par

Recommander cet article