Pour les défenseurs de l'accouchement sous X, l'anonymat est vital

23 mai 2012
Trois défenseurs de l'accouchement sous X ont salué mardi 22 mai la décision du Conseil constitutionnel, qui l'a jugé la semaine dernière conforme à la Constitution, martelant que toute levée de l'anonymat mettrait en danger la vie des mères et de leurs bébés.

Les sages de la rue Montpensier ont examiné une question prioritaire de constitutionnalité (QPC) sur l'accès aux origines personnelles des enfants nés sous X. Mercredi, ils ont jugé conformes à la Constitution des dispositions du Code de l'action sociale visées par cette QPC.

"Nous voulons saluer la sagesse du Conseil constitutionnel, qui a compris à quel point le droit d'accoucher dans l'anonymat était nécessaire", a indiqué la pédopsychiatre Catherine Bonnet, qui organisait une conférence de presse sur le sujet avec Jean-Louis Chabernaud, pédiatre néonatologiste et Estelle Kramer, sage-femme.

Depuis 2002, les femmes accouchant sous X sont seulement incitées à confier des données sur leur identité et les origines de l'enfant. Pour le docteur Bonnet, le maintien de la loi en l'état est extrêmement important car l'anonymat protège la santé des mères et celles de leurs enfants.

"Les femmes qui décident d'accoucher dans le secret font toujours ce choix dans l'intérêt de leurs enfants", a souligné Estelle Kramer. "Si elles n'avaient plus cette possibilité, que feraient-elles ? Elles cacheraient leur grossesse, elles ne seraient plus suivies, ce qui créerait des situations extrêmement risquées pour elles et leurs enfants", a-t-elle poursuivi.

Les femmes qui accouchent sous X "sont accompagnées psychologiquement et les bébés sont pris en charge par le personnel médical", a-t-elle ajouté. "L'adandon de la loi serait un retour en arrière. La loi actuelle est bonne, il faut qu'elle soit maintenue", a jugé pour sa part le docteur Chabernaud.

En mars dernier, un amendement de la député UMP Brigitte Barèges visant à lever l'anonymat dont bénéficie une mère dans le cadre de l'accouchement dans le secret, une fois l'enfant né sous X devenu majeur, a été rejeté. Ce projet était soutenu par plusieurs associations, mais suscitait l'inquiétude du Planning familial et de pédo-psychiatres.

 

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