Abaissement d’émission des antennes relais dans six communes pilotes « représentatives »

Développement durable

En France, les niveaux d’exposition aux ondes émises par les antennes de téléphonie mobile sont inférieurs aux normes fixées par la réglementation. Un appel à projets de recherche sera prochainement lancé pour confirmer ou non leurs effets sur la santé des citoyens.

« Si les seuils réglementaires d’exposition ne nécessitent pas de révision en l’état actuel des connaissances, le Grenelle des ondes a néanmoins considéré que, dès lors que l’exposition globale du public aux antennes relais de téléphonie mobile peut être réduite, sans dégradation de la couverture ou de la qualité de service, et à des coûts économiquement acceptables, cette réduction doit être envisagée », a répété Nathalie Kosciusko-Morizet, ce 8 février. La ministre de l’Écologie a, en effet, reçu le Comité opérationnel (Comop) chargé d’examiner la faisabilité technique d’un abaissement de l’exposition aux ondes électromagnétiques émises par les antennes relais de téléphonie mobile.

Six communes pilotes ont participé à une première expérimentation à : Grenoble (Isère), Paris 14e, Thiers (Puy-de-Dôme), Kruth (Haut-Rhin), Grand Champ (Morbihan) et Courbevoie (Hauts-de-Seine). Ces sites ont été retenus car ils sont représentatifs « des principales configurations d’exposition aux champs électromagnétiques émis par les antennes de téléphonie mobile en France : territoires ruraux et urbains, plaine et montagne, bâtiment ancien et moderne », a précisé le Comop.

Résultats : « si les niveaux d’exposition mesurés peuvent varier selon l’environnement, le niveau médian reste faible (inférieur à 0,3 volt par mètre). Même si des niveaux plus important ont été observés par endroits (12 volts par mètre), ils sont toutefois nettement inférieurs aux volts par mètre fixés par la réglementation française (41 à 61 volts par mètre) ».

Une table-ronde « radiofréquences, santé, environnement », a été organisée au printemps 2009 par le ministère de la Santé, avec le concours du ministère du Développement durable et du secrétariat d’État au Développement de l’Économie numérique. Cette rencontre a réuni les représentants des élus, des opérateurs, et des associations militants contre le déploiement des antennes.

Surnommée « Grenelle des ondes » ou « Grenelle des antennes », cette réunion a abouti à dix orientations. Parmi celles-ci, deux font l’objet d’expérimentations : la première pour la réalisation de mesure des conséquences d’un abaissement des seuils d’exposition et la seconde pour la mise en place de nouvelles procédures de concertation et d’information locale pour accompagner les projets d’implantation d’antennes relais.

La secrétaire à l’Écologie (à l’époque Chantal Jouanno) a ensuite installé, le 7 juillet 2009, un comité chargé de la mise en œuvre de ces deux volets.

Le député de l’Isère François Brottes en assure la présidence, avec l’appui administratif et financier du ministère de l’Écologie et du Développement durable (budget dédié d’un million d’euros) et l’appui technique de l’Agence nationale des fréquences (ANFR).

Le Comop a d’abord lancé un appel à candidatures à destination des communes et communautés afin d’identifier les communes pilotes. Sur seize communes ou communautés de communes candidates, dix-sept sites pilotes ont été retenues pour les expérimentations sur l’abaissement de l’exposition par les antennes-relais existantes.

Douze communes ou communautés de communes ont été retenues pour les expérimentations relatives à la concertation et l’information. Ce sont les premiers résultats officiels qui viennent de sortir sur ce sujet sensible alors que le Comop s’est réuni plusieurs fois depuis sa création, sans beaucoup communiquer sur la modélisation de l’expérimentation d’abaissement des seuils ni sur l’avancée des expériences concertation  locale.

La ministre Kosciusko-Morizet a profité de ces premiers résultats pour annoncer que l’Agence nationale de sécurité sanitaire (ANSES) lancera dès le premier semestre de cette année un appel à projets de recherche sur les radiofréquences pour un montant de 2 millions d’euros. Alors que la seconde phase de l’expérimentation (simulation et éventuel abaissement de puissance de l’exposition) est prévue pour avril.

Alan Kerhel

Pour en savoir plus :

Ministère de l’Écologie, du Développement durable, des Transports et du Logement

Portail gouvernemental radiofréquences-santé-environnement

Agence nationale de sécurité sanitaire

Carte des antennes de France métropolitaine et d’outre-mer, publiée par l’Agence nationale des fréquences

Posté le 11/02/11 par Rédaction Weka

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