Plus les services publics locaux sont proches d’eux, plus les Français en sont satisfaits, révèle un sondage présenté par le Sens du service public en association avec la Fondation Jean-Jaurès, le 9 février 2026. Ainsi, ils plébiscitent davantage les services de leur commune (74 %) que ceux des communes de l’intercommunalité (72 %). « Ces résultats montrent que plus la proximité avec les services publics locaux est forte, c’est-à-dire dans l’usage, plus la satisfaction est élevée, précise Johan Theuret, co-fondateur du Sens du service public. On peut donc dire que l’expérience vécue auprès des services améliore le taux de satisfaction ».
Toutefois, les habitants des communes rurales le sont moins (68 % contre 48 % à l’échelle nationale) et estiment (77 %) que les services publics locaux manquent de moyens. Seuls 59 % d’entre eux, contre 64 % en moyenne, considèrent que l’interco répond mieux aux besoins des habitants.
Comment améliorer les services publics locaux ? Les sondés citent le regroupement en un seul lieu des services publics (40 %), souhaité notamment par les plus de 65 ans (49 %), moins que par les 18-24 ans (27 %). Près d’un quart des Français seraient favorables à ce que les communes fusionnent, pour disposer de moyens de regroupement supplémentaires. Ils demandent aussi plus d’assistance humaine pour être écoutés et accompagnés individuellement (29 %), notamment les plus de 65 ans (31 %). Ils préconisent que de nouveaux guichets de proximité soient ouverts (25 %) et souhaitent des services publics itinérants (16 %).
« Les Français attendent des services publics locaux plus proches, plus humains, personnalisés et adaptés à leurs contraintes », explique le Sens du service public qui y voit le « signe que la relation et la qualité du contact comptent autant que l’efficacité, voire sont la condition de l’efficacité de l’action publique ». Les actifs et les femmes, en particulier, aimeraient que les horaires d’accueil soient mieux adaptés aux contraintes de vie personnelle et professionnelle.
Les 18-24 ans veulent être mieux informés sur le fonctionnement des services publics locaux proposés (35 % contre 26 % pour les Français). Une demande qui coïncide avec leur perception des services publics locaux, puisque 42 % seulement se disent suffisamment informés contre 48 % en moyenne, 42 % estiment savoir à quoi servent leurs impôts au travers des services publics locaux (contre 47 % en moyenne), et 51 % ont des difficultés à faire valoir leurs droits auprès des services publics locaux (contre 42 % en moyenne).
Le think tank note qu’en cette période électorale, les Français formulent des attentes prioritaires en matière de santé et de sécurité alors que, paradoxalement, ces secteurs relèvent davantage des compétences de l’État. Et 69 % des personnes interrogées jugent que l’État délègue trop de missions aux communes et intercos alors qu’elles ne relèvent pas de leurs compétences (la santé, la sécurité, l’accès aux services de l’État…).
Les attentes portent aussi sur une « demande de protection, de solidarité, de sécurisation des parcours et des existences, d’amélioration des conditions matérielles et du pouvoir d’achat ».
Les différences entre territoires sont peu marquées dans la hiérarchie des priorités pour les élections municipales. Hormis en matière de santé, classée en tête dans les communes rurales et les villes de moins de 20 000 habitants. Au-delà, la sécurité la supplante légèrement (agglomération parisienne, villes de 20 000 à 100 000 habitants), ou fortement (métropoles de plus de 100 000 habitants).
La numérisation n’est pas une priorité
Tous âges confondus, développer la numérisation des démarches n’apparaît pas comme une priorité pour améliorer le fonctionnement des services publics locaux : 21 % des Français seulement l’estiment comme une mesure prioritaire et 19 % des 18-24 ans et des 65 ans et plus la perçoivent comme pouvant améliorer les services. Peu surprenant, seuls 19 % des CSP- pensent qu’elle peut améliorer le fonctionnement contre 24 % des CSP+. À noter également que ce sont les plus jeunes qui demandent le plus d’accompagnement pour être aidés dans les démarches en ligne.
Signalons aussi que 4 personnes sur 10 sont favorables au rétablissement de la taxe d’habitation. « C’est évidemment surprenant car on parle du rétablissement d’un impôt, donc d’un réel effort financier, constate Johan Theuret. Mais c’est cohérent car 73 % des Français disent que les services publics locaux manquent de moyens. Ils sont conscients de la fragilité financière des collectivités locales et sont disposés à des évolutions fiscales en leur faveur, pour peu que ça améliore réellement le fonctionnement des services publics ».
Martine Courgnaud – Del Ry
* Étude Les Français et les services publics locaux, réalisée en ligne par OpinionWay auprès d’un échantillon représentatif de 2 000 personnes, du 7 au 12 janvier 2026
