Alors que le mandat s’annonce compliqué sur le plan financier, il va falloir être organisé pour aller chercher des subventions.
1. Vite définir ses projets et partir à la chasse…
Les volumes de subventions allant se contracter, notamment ceux de l’État et des Départements et ceux des Régions dans une moindre mesure, pour maximiser ses chances d’en obtenir, il faut très vite définir ses projets de mandat et les engager, concurrence oblige. Les équipes élues qui auront déjà travaillé un minimum la faisabilité de leurs projets lors de la campagne municipale seront donc avantagées.
2. … mais partir avec des projets mûrs
Menés rapidement, les projets devront néanmoins être mûrs. « On exigera des dossiers de demandes de financements plus précis qu’auparavant. Pour la construction d’une salle intercommunale par exemple, le dossier montrera les études réalisées, les subventions nécessaires, le reste à charge, le calendrier prévisionnel… », conseille Thibault Nivière, gérant de Nivière Subventions et Consulting. Le rôle d’appui des intercos ou PETR sera d’autant plus important. « À nous de dire aux communes : “Si vous maintenez votre projet en l’état, vos chances sont quasi-nulles !”… », plaide Annick Javourez, chargée de mission Développement territorial au Pôle d’équilibre territorial rural (PETR) Centre Ouest Aveyron. Pour les plus grandes collectivités, « mieux vaudra parfois cibler les demandes sur les projets les plus importants financièrement », note Sam Revel, directeur Finances de l’EPT Plaine-Commune (487 341 hab., Seine-Saint-Denis). Ensuite, il faudra, plus qu’avant, convaincre les financeurs : « Ne remplissez plus seulement vos dossiers tout seul, contactez les financeurs pour valider vos projets. Ce n’est pas du temps perdu, cela garantit au contraire un succès à 70 % », conseille Thibault Nivière.
3. Ne pas miser que sur une seule subvention
Pour Thibault Nivière, « il ne faut pas consacrer toute son énergie à la recherche d’une seule subvention, mais plutôt construire un plan de financement multi-guichets : Europe, État, Région, Département et intercommunalité. Un financeur regarde plus qu’avant les financements recherchés et le calendrier du porteur de projet ».
4. Mettez à profit les chargés de mission des EPCI et PETR
Les EPCI, parfois les PETR, auront un rôle de coordination à jouer, qui devrait croître lors de ce mandat. « Aux EPCI de recevoir les dossiers de toutes leurs communes et de faire le lobbying financier pour elles et pour leur projets propres », conseille Thibault Nivière. Les chargés de mission subventions ou le recours à des cabinets spécialisés vont se multiplier. Annick Javourez explique son rôle au PETR Centre Ouest Aveyron : « Quand les communes ont un projet, je les accompagne pour voir qui peut financer, à quelles conditions, quel dossier compléter… ». L’EPT Plaine-Commune aide lui ses communes, notamment les plus petites à rechercher des financements, notamment européens. Il faut aussi accompagner à présenter un projet, à l’argumenter. Au PETR Centre-Ouest Aveyron, « on oriente plus facilement vers Leader, l’enveloppe étant sécurisée jusqu’en 2027, plutôt que vers certaines aides incertaines de la Région », complète Laure Fraysse, chargée du programme Leader. Certains chargés de mission n’hésitent pas à rencontrer les porteurs de projet, notamment pour des projets structurants et/ou complexes. Thibault Nivière leur conseille de viser potentiellement tous types de subventions et pas seulement un niveau ou celles d’un domaine précis : « Lisieux est un bon exemple en la matière ou encore Toulon qui a beaucoup de projets et s’appuie bien sur sa métropole pour rechercher des subventions grâce à un personnel polyvalent », selon Thibault Nivière.
5. Rechercher d’autres financements, alternatifs aux subventions
Globalement, les volumes de subventions baisseront au cours du prochain mandat, l’investissement risque donc de trinquer. Le temps du 80 % de financements par projet est révolu. Pour l’EPT Plaine-Commune par exemple, c’était 40 % en 2023 et 2024, « mais 30 % en 2025… et espérons-le sur le nouveau mandat », veut croire Sam Revel. Il y aura donc des recherches alternatives et nouvelles de financements : Fondation du patrimoine (pour une piscine dans un bâtiment classé comme à Plaine Commune par exemple), mécénat, crowfunding (lire encadré), fonds climat de co-investissement dans des projets à impact collectif positif comme à Lille ou Anvers, etc.
6. Au-delà, introduire rigueur et exigence à tous les étages
Même avec les aides obtenues – limitées -, il faudra certainement malgré tout étaler davantage ses investissements, les arbitrer vers ceux prioritaires et/ou « rentables » (rénovation énergétique, énergies renouvelables…). En outre, « il faudra inciter les maîtres d’œuvre et autres assistants à maîtrise d’ouvrage à proposer des projets moins coûteux, plus sobres et plus rentables énergétiquement, etc. Mieux vaudra les rémunérer non pas en pourcentage du coût des travaux mais en fonction de la sobriété de leurs solutions. Les aménagements des espaces publics devront être plus fondés sur la nature », conseille Annick Javourez. Enfin, il faudra aussi tout faire pour dégager un autofinancement suffisant, l’emprunt déjà bien sollicité sur le précédent mandat ne pouvant être activé trop longtemps…
Frédéric Ville
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