« Je regrette le non-rétablissement des pôles d’appui à la scolarité, pour les familles et pour les enfants », a déploré la rapporteure du texte Julie Delpech (EPR), à l’issue du vote.
Le passage des PIAL aux PAS : enjeux et objectifs de la réforme
Expérimentés depuis la rentrée 2024 dans quatre départements par simple circulaire, les PAS ont vocation à se substituer à terme aux pôles inclusifs d’accompagnement localisés (PIAL), qui organisent notamment le travail des accompagnants d’élèves en situation de handicap (AESH) intervenant sur plusieurs établissements. Le dispositif repose sur des binômes associant un personnel de l’Éducation nationale et un éducateur, chargés d’identifier les besoins des élèves et de formuler des réponses adaptées.
D’abord au nombre de 100, les PAS étaient près de 500 à la rentrée 2025 dans 81 départements. Un millier supplémentaire est attendu à la prochaine rentrée, avec pour objectif initial environ 2 700 pôles en 2027 dans le cadre d’une généralisation qui nécessite un cadre législatif.
Adoptée par 108 voix, avec 17 abstentions, essentiellement issues des rangs de la France insoumise, la proposition de loi soutenue par le gouvernement avait déjà été adoptée au printemps 2025 par l’Assemblée nationale et le Sénat. Mais députés et sénateurs n’étaient pas parvenus à s’accorder sur une rédaction commune en commission mixte paritaire.
Réexaminé la semaine dernière en commission à l’Assemblée, le texte avait été amputé de son article consacrant les pôles d’appui à la scolarité.
La mesure a toutefois fait son retour lundi 11 mai 2026 dans l’hémicycle à travers une série d’amendements déposés par des députés des groupes Liot, Horizons, Démocrates et EPR, qui repoussaient la généralisation des PAS à la rentrée 2029. Ils ont tous été rejetés, la gauche et le Rassemblement national s’y opposant.
Débats sur le « guichet unique » et la rationalisation des moyens
« Nous refusons ce nouveau dispositif de rationalisation des moyens qui ferait de l’Éducation nationale à la fois le prescripteur et le payeur », a fait valoir l’élue LFI Murielle Lepvraud.
« On a besoin d’un guichet unique » où familles et professionnels « puissent échanger sur les conditions de scolarisation et les conditions d’apprentissage » des enfants, a au contraire défendu le ministre de l’Éducation Édouard Geffray.
Indépendamment des PAS, le texte adopté généralise le livret de parcours inclusif (LPI), une plate-forme numérique qui centralise les informations relatives à un élève, ouvre la possibilité d’adapter les critères d’évaluation des épreuves orales ou encore encadre plus strictement les délais d’affectation des accompagnants d’enfants en situation de handicap (AESH).
Copyright © AFP ; « Tous droits de reproduction et de représentation réservés ». © Agence France-Presse 2026
