Lancé en juin 2023, France ruralités est un plan d’actions interministériel visant à garantir un avenir plus équitable aux zones rurales en améliorant leur attractivité et en assurant une égalité des chances entre tous les Français. Trois ans après son lancement et un an après le Comité interministériel aux ruralités du 20 juin 2025, Françoise Gatel, ministre de l’Aménagement du Territoire et de la Décentralisation, et Michel Fournier, ministre délégué chargé de la Ruralité, ont présenté, le 10 juin, le bilan de l’axe « Solutions ». Celui-ci constitue le cœur opérationnel du plan en apportant des réponses concrètes aux besoins du quotidien des habitants des territoires ruraux.
Cet axe repose aujourd’hui sur 41 mesures : certaines figuraient dans le plan initial, d’autres y ont été ajoutées afin de répondre aux attentes exprimées par les élus et les habitants. 18 de ces mesures sont considérées comme achevées depuis le Comité interministériel aux ruralités de juin 2025.
Un impact dans le quotidien des habitants
Les premiers résultats consolidés témoignent de l’impact concret des politiques engagées, se félicitent les deux ministres. Et ce dans de nombreux domaines.
Commerce
En matière de commerce de proximité, le fonds de soutien au commerce rural, doté de 19,6 millions d’euros, a permis d’accompagner près de 1 200 communes et de soutenir la création de près de 800 commerces, sédentaires ou itinérants.
Accès aux soins
L’accès aux soins a été renforcé avec 1 573 maisons de santé pluriprofessionnelles implantées en ruralité, soit 53 % du total national. Désormais, près de neuf communes rurales sur dix (89 %) sont couvertes par une communauté professionnelle territoriale de santé, représentant près de 19,6 millions d’habitants, tandis qu’une maison France Santé sur deux est située en territoire rural.
Accès aux services publics
L’amélioration de l’accès aux services publics se poursuit grâce au réseau France Services : plus de la moitié (58 %) des espaces sont implantés en ruralité, dont 1 305 dans les zones France Ruralités Revitalisation.
Mobilité
Dans le domaine de la mobilité, 418 projets ont été soutenus par le Fonds vert depuis 2024, représentant 31,5 millions d’euros d’investissements au bénéfice de 339 collectivités et de près de 5,9 millions d’habitants. Parallèlement, 66 millions d’euros ont été mobilisés par 85 départements pour soutenir la mobilité des aides à domicile.
Éducation
L’éducation constitue également un axe majeur du plan avec 261 Territoires éducatifs ruraux labellisés, couvrant plus de 440 000 élèves et plus de 2 500 communes rurales et de montagne.
Logement
En matière de logement, 1 935 logements vacants ont été remis sur le marché locatif grâce à la prime de sortie de la vacance. Par ailleurs, 42 % des logements rénovés avec le soutien des dispositifs nationaux sont situés dans des bassins de vie ruraux et 86 % des communes rurales sont désormais couvertes par un établissement public foncier.
Accès à la culture
Le plan contribue aussi à renforcer l’accès à la culture, avec 117 circuits de cinéma itinérant actifs, organisant des projections dans près de 2 400 lieux ruraux et ayant enregistré 1,4 million d’entrées en 2025.
Patrimoine
La préservation du patrimoine communal a bénéficié d’un soutien renouvelé, avec plus de 600 monuments aux morts rénovés dans les communes de moins de 2 000 habitants grâce à une enveloppe d’environ un million d’euros.
Associations et sport
La vitalité associative et sportive progresse : 44 % des EPCI ruraux sont désormais couverts par le dispositif Guid’Asso et plus de 2 800 clubs sportifs engagés interviennent dans les zones France Ruralités Revitalisation, au bénéfice de plus de 8 500 demandeurs d’emploi.
« Ce bilan témoigne d’avancées réelles pour les territoires : davantage de services de proximité, un accompagnement renforcé des communes, des solutions nouvelles pour la santé, l’éducation, la mobilité ou encore le commerce. Les transformations que nous accompagnons aujourd’hui produiront pleinement leurs effets dans les années à venir. C’est pourquoi ce bilan doit être regardé moins comme un point d’arrivée que comme la confirmation d’une trajectoire », soutient la ministre de l’Aménagement du territoire et de la Décentralisation.
L’ingénierie territoriale pour transformer les projets en réalisations
Au-delà des chiffres, ce bilan « met en évidence la pertinence d’une action publique fondée sur la proximité et le « dernier kilomètre ». Les résultats observés démontrent l’efficacité des démarches d’« aller-vers », qui permettent de rapprocher les services des habitants et de mieux répondre à la diversité des réalités rurales », soulignent les deux ministres. Le bilan confirme également l’importance des centralités rurales comme piliers de l’aménagement du territoire.
Par ailleurs, l’ingénierie territoriale apportée aux élus locaux confirme « son rôle stratégique. » Le programme Villages d’Avenir accompagne désormais 3 081 communes grâce à 120 chefs de projet et 198 millions d’euros de financements publics mobilisés, dont plus de 77 millions d’euros issus de la DETR et du Fonds vert.
De même, l’effort de l’État se traduit à travers le programme Petites Villes de Demain, qui accompagne aujourd’hui 1 646 communes, dont près des trois quarts (73 %) en milieu rural et plus de la moitié de moins de 3 500 habitants. À fin 2025, plus de 4,8 milliards d’euros avaient été engagés au bénéfice des territoires labellisés, dont 1,8 milliard d’euros apportés par l’État via le Fonds vert, la DETR et la DSIL. Ce soutien produit un effet levier significatif, insistent les deux ministres : chaque euro investi par l’État génère entre quatre et cinq euros de projets réalisés sur le terrain.
Un effet à poursuivre
Ce bilan demeure, toutefois, intermédiaire. Certaines mesures, notamment celles relatives aux licences IV, à la mobilisation des biens sans maître ou encore à certaines dispositions concernant l’installation des futurs professionnels en santé dans les zones sous-denses, n’ont pas encore produit l’ensemble de leurs effets. Leur mise en œuvre reste conditionnée à des évolutions législatives ou réglementaires en cours. Par ailleurs, plusieurs défis structurels demeurent « particulièrement prégnants » : l’accès aux soins, le logement, le vieillissement démographique ou la baisse des effectifs scolaires.
Les années 2026 et 2027 doivent ainsi permettre de poursuivre le déploiement du plan, d’accélérer la mise en œuvre des mesures engagées, de renforcer leur lisibilité et d’adapter l’action publique aux évolutions démographiques et territoriales à l’œuvre. « Ce bilan n’est donc pas un point d’arrivée. C’est une étape, confirme le ministre délégué chargé de la Ruralité. Beaucoup a été engagé, beaucoup a été obtenu, mais beaucoup reste à faire. C’est avec cette exigence de résultats, cette confiance dans les territoires et cette volonté d’agir au plus près des habitants que nous poursuivrons le travail engagé. »
Pour en savoir plus sur France Ruralités : https://anct.gouv.fr/programmes-dispositifs/france-ruralites
