La présidente sortante, Élisabeth Hubert, « a réussi à faire de l’hospitalisation à domicile un secteur de santé à part entière, présent sur tout le territoire, et reconnu par les institutions », a indiqué Marguerite Cazeneuve à l’AFP. « Maintenant l’objectif est de la développer dans le grand public. Il faut que tous les soignants et les patients sachent que l’hospitalisation à domicile existe ».
Après l’Assurance maladie, ses impossibles équations budgétaires et ses perpétuelles bagarres avec les professionnels de la santé, la diplômée de HEC, âgée de 37 ans, arrive dans une activité jeune, en pleine ascension, et qui sait faire collaborer fonctionnaires hospitaliers et soignants libéraux.
En 20 ans, l’activité a été multipliée plus de six fois, avec un nombre annuel de journées d’hospitalisation passant de 1,5 million à 8,2 millions, et 210 000 patients suivis en 2025. « C’est un secteur hyper innovant » qui s’est développé avec des soignants « très militants, se battant pour parvenir à répondre à un besoin », indique-t-elle.
L’hospitalisation à domicile : un secteur en pleine expansion
L’hospitalisation à domicile est très présente dans les soins palliatifs, qui représentent plus du tiers de son activité en nombre de journées. Elle est aussi présente dans les soins hospitaliers lourds et répétés : pansements complexes, chimiothérapies, traitements intraveineux, prise en charge de la douleur, nutrition par sonde, rééducation orthopédique et neurologique, post-traitement chirurgical, surveillance de grossesse à risque. Elle représente aujourd’hui 2 milliards d’euros de soins chaque année, et 8,1 % des capacités d’hospitalisation aujourd’hui, hors psychiatrie.
Elle est souvent considérée comme un levier clef pour adapter le système de soins aux besoins d’une population vieillissante touchée par des polypathologies chroniques, et d’un système de soins étranglé par ses besoins financiers.
Des économies importantes pour le système de santé
Une séance de chimiothérapie réalisée à domicile coûte en moyenne 294 euros, contre 510 euros à l’hôpital, estime ainsi par exemple la Fnehad. « En chimiothérapie, si une séance sur 10 actuellement réalisée en établissement était transférée en hospitalisation à domicile, les économies pourraient atteindre entre 75 millions d’euros et 100 millions d’euros par an », selon l’institution. Le différentiel de coût peut être bien supérieur dans d’autres activités : une journée de rééducation post-chirurgie cardiaque à la maison revient à 196 euros, contre 1 600 euros à l’hôpital, ajoute-t-elle.
La présidente sortante, Élisabeth Hubert, prévoit un doublement de l’activité dans les cinq prochaines années, au fur et à mesure que « l’inutilité de garder un certain nombre de gens dans un lit à l’hôpital » apparaît plus clairement. « La science évolue et étend considérablement le champ du possible à domicile », estime Mme Hubert, qui fut en 1995 ministre de la Santé sous Alain Juppé et a piloté pendant 20 ans l’envol du secteur. « On peut aujourd’hui prendre en charge des patients qu’on n’aurait jamais imaginé soigner il y a quelques années ».
Le numérique facilite la surveillance de l’état des patients ou l’administration de médicament, des équipes associant kiné et ergothérapeutes peuvent rendre possibles des rééducations complexes à domicile, explique par exemple le docteur Hubert.
L’activité d’hospitalisation à domicile est assurée à 57 % par des établissements privés non lucratifs, le reste étant partagé à peu près à parité entre hôpitaux publics et établissements privés à but lucratif.
Marguerite Cazeneuve est à la ville l’épouse d’Aurélien Rousseau, député Place Publique et ancien ministre de la Santé. Elle est la fille du député Jean-René Cazeneuve, et la sœur du député Pierre Cazeneuve, et est également engagée dans Place Publique.
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